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-Médecine | ||||
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- LES ORIGINES
- Nous allons maintenant examiner les récipients que les pharmaciens européens ont utilisés, inspirés, comme leurs officines elles-mêmes, d'ailleurs, par la culture islamique. Jusque-là, nous en avons eu un aperçu dans le chapitre sur l'apothicaire, la conservation des plantes séchées, des pommades, des onguents, etc. se fait dans une diversité de contenants propres aux traditions respectives, pots, vases, boîtes (voir les images d'apothicairerie et celle qui figure en exergue) et les matières sont des plus hétérogènes : terre cuite, bois, corne, verre, étain, plomb, ivoire, marbre, jaspe, albâtre, etc. L'influence de la médecine et de l'art islamiques va modifier les habitudes européennes. Les apothicaires italiens et espagnols, parmi les premiers, grâce à leurs comptoirs commerciaux, vont apprendre à utiliser la faïence, développée dans l'Orient islamique, une technique céramique qui a des qualités d'étanchéité supérieures à bien des matières, grâce à un émail à base d'étain qui recouvre la terre cuite (images 15).
- Utilisée en Perse depuis le VIIIe siècle, la faïence fait son apparition européenne dans l' Espagne musulmane, l'Al-Andalûs, en particulier à Valence, Manises, ou Malaga, qui serait à l'origine du mot maiolica (la majolique ou maiolique). Cette technique éclatante et lumineuse permettra la création du style appelé "hispano-mauresque", à partir de la fin du XIVe siècle, puis en Italie, au Nord par la région de l'ancienne Yougoslavie, et au Sud, par la Sicile, au milieu du XVe siècle, puis à Lyon, au début du XVIe siècle. Les débuts de l'albarello pharmaceutique, nous pouvons le voir, se passe dans la recherche de formes et de décors : images 16, 17 et spécialement 18, où l'on voit bien ici l'ancêtre du pot-canon (voir plus loin).
- En France, dès les débuts du XVIe siècle, on remplacera ainsi peu à peu les terres vernissées et les grès (du Beauvaisis, surtout) considérés jusque-là comme les meilleures matières pour les pots de pharmacie.
- "La majolique est une faïence cest-à-dire une argile recouverte démail stannifère qui
lui donne une couleur blanche sur laquelle le décor est peint. Les couleurs utilisées
sont réalisées à partir doxydes métalliques qui après la cuisson confèrent à lobjet
ses belles teintes : bleu (à partir du cobalt), vert (à partir du cuivre), jaune et orangé
( à partir de lantimoine), brun (à partir du manganèse) [et rouge à partir d'un oxyde, comme les précédents, cette fois de fer, ce qui limitait la palette à cinq couleurs. NDE]. La majolique fait partie de la catégorie des faïences dites «à décor de grand feu sur émail cru». Elle reçoit
lessentiel de son décor avant la grande cuisson qui seffectue à 950° .
Le nom de majolique vient sans doute de Malaga [mais pour beaucoup, c'est l'île de Majorque, où était établie une importante manufacture musulmane, NDE], centre de production espagnol réputé au Moyen Âge ou de Majorque, une île par où transitait une partie de la production
espagnole à destination de lItalie. En effet, la technique de la faïence fut inventée
dès le VIIIe siècle de notre ère près de Bagdad et de là fut diffusée dans lempire
Abasside, puis en Afrique du nord. Elle gagna ainsi la péninsule ibérique. Au XVe siècle,
près de Valence, à Manisés, de nombreux ateliers fabriquaient les fameuses faïences
hispano-mauresques exportées vers lEurope et notamment vers lItalie.- Dès la deuxième moitié du XVe siècle la technique de la majolique fut maîtrisée par les
Italiens qui ouvrirent des ateliers de fabrication en Ombrie, en Emilie, en Toscane. Les
grandes fabriques sinstallèrent à Faenza - qui a donné le nom français [international, par ailleurs, NDE] de faïence -, mais aussi Urbino, Casteldurante, Deruta. (voir carte et fiche). Ils sont dirigés par des familles dartisans, véritables dynasties de peintres sur majoliques, qui sinstallent durablement dans un centre, tels les Fontana ou les Patanazzi à Urbino mais qui souvent vont dun centre à un autre et amènent avec eux leur savoir -faire ou leurs découvertes.
Tel fut le cas par exemple de Nicolo da Urbino qui originaire de Casteldurante vint
sétablir à Urbino en 1520. Cette mobilité explique que certains décors inventés dans
un lieu précis furent très vite diffusés dans les autres centres. Ainsi les différents ateliers
ont adopté en fonction des modes, des décors mis au point ici ou là."
- extrait de : http://www.musee-adriendubouche.fr/documents/majoliquesitaliennes.pdf
- Dans le même temps, vont petit à petit développer un ensemble de formes auxquelles on attribuera tel usage plutôt qu'un autre, toujours sous influence de la culture islamique, arabo-persane en particulier :
"Aux 13ème et 14ème siècles, la ville de Naples jouissait dune meilleure situation que le reste de l'Italie. Dominée par les Svèves d'origine nordique et ensuite par les Français d'Anjou, Naples devint un carrefour commercial et intellectuel avec le monde arabe voisin. Le Roi Charles d'Anjou fit venir des artistes de sa France natale pour construire son palais et cest ainsi quarrivèrent également de nombreux potiers qui apportèrent de nouvelles techniques comme les carreaux en majolique et en encaustique. Une école médicale importante fut créée dans la ville voisine de Salerno, doù le besoin d'une nouvelle gamme de pots et de vases particulièrement conçus pour des remèdes de toutes sortes. Le plus commun de ces pots de médecine était lalbarello, un cornet cylindrique, à deux panses, avec une large ouverture, utilisé pour les onguents graisseux. L'enduit de majolique (glaçure opaque détain) faisait en sorte que ces pots fussent imperméables à l'eau, étanches et résistants à tous les produits chimiques. Les décorations combinaient des arabesques et des lettres gothiques pour le nom du remède. Dans les modèles les plus récents, les couvercles étaient composés de feuilles de parchemin, attachées avec une corde autour du bord de l'albarello."
- extrait de : http://www.medinaportal.net/portal/pages/poc.php?ID_Lang=4&ID_POC=1540
- Il vient d'être question de l'albarello, emblématique de la production de céramique à usage pharmaceutique mais différentes formes seront utilisées par les apothicaires européens, de manière plutôt codifiée, comme nous allons le voir maintenant.
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