ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE ABBAYE --Fleury --étymologie
- Sources : Cette page est la reproduction d'un l'article paru dans les Études Historiques de 1969, par le Frère Denis Grémont O.S.B.
Dans leurs oeuvres littéraires en latin, les clercs du Moyen Age ont beaucoup aimé faire les jeux de mots sur les noms propres, en en donnant par exemple des formes étymologiques. Celles-ci sont parfois fantaisistes, voire étranges, au grand dam des érudits modernes qui, eux prennent la chose au sérieux, tandis que leurs auteurs semblent bien avoir fait la part de l'humour et de la facétie. N'en faisons pas toujours les boues émissaires chargés de toute l'ignorance de leur époque. De temps en temps ils ont écrit avec grand satis: sachons les lires de même.
Notre étude se portera sur un toponyme très fréquent en France, FLEURY, et sur les nombreuses autres formes que proviennent d'un Floriacus gallo-romain ou mérovingien. Elle s'appliquera en particulier à ce FLEURY où fut fondée au VIIe siècle l'abbaye de Saint-Benoît-sur Loire et cherchera si l'explication qu'en donnaient les anciens est aussi naïve qu'il peut paraître à première vue.
Les moines de ce monastère ont maintes fois joués autrefois - cela leur était facile - sur ce nom qu´ils ont toujours fait venir de fleur (flos, floris) ou de l'un de ses dérivés. Nous constituerons d'abord un petit florilège au sens propre du mot, c'est-à-dire que nous eqeillerons quelques-unes de leurs fleurs dans ce lieu qu'ils qualifiaient de florissant, pour chercher ensuit comment ce toponyme est interprété de nos jours.
1. Étymologie populaire Fleury le bien nommé
La forme la plus simple du jeu de mots sur FLEURY - thème qui va recevoir de nombreuses variations - se trouve par exemple sous la plume d'Aimoin (mort après 1026). En écrivant la Vie de Saint Abbon, il parle de son maître «après son retour au monastère au nom florissant». Plus loin, à propos des miracles du même saint, il remercie Dieu «de faire fleurir au Ciel des moines de FLEURY». Mentionnons par ailleurs que quelques manuscrits de la Translation des reliques de Saint Benoît, bien qu'étrangers à la tradition propre à cette abbaye, portent un titre que contient ces mots: «au monastère appellé à juste titre FLEURY», ce que ne comporte pas le manuscrit original (du milieu du IXe siècle) de ce récit attribué à Adrevald ou à Adalbert.
On trouve des allusions semblables dans des textes où les études sont dites florissantes dans les cloîtres de FLEURY, effectivement célèbrès à cette époque. De son côté, un des biographes de Saint Oswald, en parlant du futur archevêque d'York venu se faire moine dans l'Orléanais, nous dit que «cette jeune fleur fut envoyée à FLEURY pour être plantée au milieu des fleurs de paradis et pour mêler les fleurs de ses vertus aux fleurs de ce lieu florissant». Ceci devient fastidieux à la lonque!
Les auteurs cités jusqu'ici ne donnent pas l'étymologie du nom de FLEURY. D'autres se chargent de combler cette lacune, soit par allusions, ..... d'une manière explicite; ces explications varient.
Le miracle des fleurs
C'est une légende qui a eu un succès tel qu'à Fleury même elle a supplanté les traditions primitives sur la dat de la Translation de Saint Benoît et sur l'origine du nom de lieu. L'auteur en est un moine, Thierry, qui resta plusieurs années en ce lieu avant d'aller à Amorbach en Franconie. Il écrivit avant 1018 une Illation des reliques de Saint Benoît qui est très suspecte à l'historien. Ce récit rapporte qu'au temps de invasions normandes les restes du Patriarche des moines, après avoir été mis à l'abri à l'intérieur des remparts d'Orleans, furent rapporte´s solennellement à l'abbaye, qui lui était dédiée, sur une barque qui merveilleusement remonta la Loire sans voile ni rames, brisa la glace qui encombrait le fleuve: on était au 4 décembre. Empruntons à un traducteur bourguignon la suite du texte dans la langue croustillante du XIIIe siècle:
«Quant la nef fut arivée au port de FLORI, il i ot grant planté (quantité) d'avesques et d'abez et de clercs et d'autre gent que le reçurent a grant joie et a grant honour. Quant la procession fust comanciée et il enportoient le cors saint, il fesoit si grant froit que tout estoit gelé. Il avint une grant merveille quar li arbre et li boisson comancèrent a florir tout environ, ausin (exactement) come se ce fust en avrill. Tuit eil que ce virent commancèrent a randre grace a Nostre Seignour, quar il s'aparçurent bien de come grant merite sainz Beneoiz estoit envers Nostre Seignour».
Cette merveilleuse floraison hivernale fut rendue surtout célèbre par un hymne que le grand abbé de Gluny, Pierre le Vénérable, ami de Saint Bernard et mort en 1156, a rédigé pour cette légende d'Illation, hymne qui se chante encore de nos jours dans quelques communautés bénédictines et dont voici deux strophes:
«L'esquif sur les flots glisse sans rames, D'un merveilleux élan brise les glaces, Portent le saint corps il remonte le fleuve: Il en refouie les eaux. Dès qu'au sortir des flots la terre l'a reçu, Oubliant la saison, les frimas, la gelée, Elle s'orne de fleurs nouvelles, Changeant le vêtement du sol». Remarquons que le Thierry et Pierre le Vénérable............... que FLEURY ura son nom de ce miracle.; mais d'autres vont l'affirmer en toute naïveté... ou humour. La vérité est autre, comme nous le verrons. Ainsi Raoul Tortaire, (mort vers 1122), dans sa mise en vers de tous les Miracles de Saint Benoît, est-il affirmatif:
«FLEURY fleurit, admirable spectacle dans le pays, Quand le Père (Benoît) fait son entrée... De là vient son nom, car auparavant il s'appelait, Le Val D'or, du fait de sa fertilité». Quatre vers de la même epoque, qui se lisent sur un manuscrit d'un prieuré de Fleury à Perrecy (dans le diocèse d'Autun), offrent une variante sur laquelle nous reviendrons:
«FLEURY fleurit, lui qu'entoure de toutes parts de Bacchus...». Saint Benoît, fleur de Paradis
Parfois cette variation s'entremêle avec une autre. En effet, d'aucuns jouent aussi sur BENEDICTUS qui peut s'interprêter de trois manières: Benedictus: Benoît ; bene dictus: bien dit ; benedictus: béni, ou - comme l'on disait au temps jadis ....benoît (Froissard, n'écrit-il pas: «Par la grâce de Dieu et de la benoîte Vierge Marie?»).
Saint Grégoire qui nous fait connaître le premier le fondateur du monachisme bénédictin, commence ainse sa Vie: «Fuit uir uite uenerabilis gratia BENEDICTUS et nomine...»; on ne peut rendre littéralement que par une traduction imitée des anciens qui utilisaient le mot «benoît» dans le sens de «béni» : Il y eut un homme d'une vénérable vie, benoît par le nom et la grâce.» Naturellement c'est parfois intraduisible, par exemple dans deux vers de saint Abbon au pape Grégoire V ou dans une des épithapes de l'abbé Gauzlin (mort en 1030).
Dès de la fin du VIIIe siècle, le Lombard Paul Diacre, qui fut moine au Mont-Cassin, a inséré dans la grande Histoire qu'il a consacrée à sa nation, des vers en l'honneur du fondateur de son abbaye. Deux d'entre eux le qualifient ainsi:
«Ta fleur, O Paradis, a dédaigné les fleurs mondaines, Elle a méprisé les richesses de Rome, ta fleur, O Paradis». Deux siècles après, Aimoin reprend textuellement cette citation dans un sermon en l'honneur de saint Benoît, ainsi que celle d'un de ses confrères de l'abbaye, Gauzbert, qui fait allusion aus reliques du bienheureux inhumées à Fleury: en effet, il n'y avait pas de châsse élevée sur un autel à cette époque, mais un coffre dans le sol au-dessous. Le même Aimoin - il aime décidément ce jeu d'esprit - commence ainse le troisième Livre des Miracles de saint Benoît: «Par un signe favorable de la condescendance du Ciel, ce monastère dans lequel nous servons le Dieu créateur a reçu de s'appeler FLEURY, lui qui, dans les temps anciens, par une faveur semblable de la grâce, s'appelait le VAL D'OR: en effet il possède la fleur d'or du Paradis qu'est notre très saint Père Benoît».
De son côté, un moine de Perrecy, dans un manuscrit dont il a été question plus haut, écrit une lettre à l'adresse de ses confrères du Val de Loire. Il y fait allusion à la vision que saint Grégoire rapporte en ces termes: «Debout devant sa fenêtre Benoît priait le Seigneur Tout-Puissant... Tandis qu'il regardait, quelque chose d'extraordinaire se produisit... : le monde entier se ramassa devant ses yeux comme en un seul rayon de soleil». Voici la lettre du moine de Perrecy: «A tous les Pères et frères, moines de FLEURY, frère N. - vous salue dans le Christ. Poussé par l'amour fraternel, je me propose de résoudre le petit problème de savoir pourquoi ce lieu s'appelle FLEURY. Ce n'est pas très important, mais n'a jamais été discuté jusqu'à présent. FLEURY, ce lieu vénérable dont il s'agit, -pour autant qu'on examine ce mot- a tiré son nom de son site florissant. Car ce lieu, plus que tous les autres de la Gaule, est très agrèable: son climat est sain; il est bien irrigué par les eaux et, pour me résumer, il jouit d'une opulence générale comme par un don de la nature. C'est lieu-là qu'aperçut ce merveilleux devin des choses secrètes que fut l'éminent Père Benoît, législateur des moines, notre chef et pasteur tout spécial, alors que, le coeur tout dilaté par l'amour de son Créateur, il avait la vision, avec ses yeux de chair, de toute l'etendue de l'univers comme sous un seul rayon de soleil. C'est ce même lieu qui conserve une fleur pourpre, cette fleur dont il est écrit:«Ta fleur, O Paradis, a dédaigné les fleurs mondaines, Elle a méprisé les richesses de Rome, ta fleur, O Paradis». Nous reconnaissons les deux vers de Paul Diacre, mais le moine de Perrecy n'a pas connu la leçon «les fleurs mondaines», sinon il n'eût pas manqué de l'utiliser pour «fleurir ses vers». Tout ceci n'est pas pétillant d'esprit, mais reflète le goût de quelques lettrés en quête de naïves facéties.
La plus grande partie des textes cités ici remonte à l'époque où l'abbaye était vraiment florissante par ses écoles, c'est-à-dire surtout de la fin du Xe siècle à la fin du XIe, notamment sous les abbataits de saint Abbon (988-1004) et de Gauzlin (1005-1030). Aimoin en est le représentant le plus typique et il est caratéristique que son nom revienne si souvent dans cette brève étude.
1. Étymologie populaire FLEURY doit-il vraiment son nom à saint Benoît qui aurait fait fleurir ce lieu, soit symboliquement par sa présence depuis sa Translation - en appliquant à Saint-Benoît-sur-Loire ce que Paul Diacre disait au VIIIe siècle du Mont-Cassin - soit merveilleusement lort de son Illation?
Certainement pas, car d'une part, les autres localités que dérivent également du mot Floriacus sont très nombreuses, d'autre part ce vocable du Val de Loire est antérieur à la Translation de saint Benoît (que l'on peut placer dans la seconde moitié du VIIe siècle) et a fortiori à l'Illation prétendue du IXe siècle.
En effet, la charte de fondation de l'abbaye mentionne plusieurs fois ce nom: or elle remonte au VIIe siècle avant qu'il soit question des reliques de saint Benoît en ce lieu.
La théorie d'Arbois de Jubainville
Les remarquables travaux d'Arbois de Jubainville, comme ceux de ses disciples August Longnon, Albert Dauzat en surtout celui qu'il convient de mentionner tout particulièrement, Jacques Soyer, ont établi que d'innombrables toponymes en -(i)acus dérivent d'un domaine gallo-romain (latifundium) formé avec un nom d'homme (un gentilice) en -ius à l'aide du suffixe -acus, ou, pour la période mérovingienne, d'un surnom (un cognomen) en -us avec le suffixe -iacus. «Floriacus, du gentilice Florius, formé sur le surnom Florus».
Or Floriacus a évolué différemment: selon les régions de la France. A. Longnon a donné par exemple une esquisse générale des formes vulgaires du suffixe -acus. Les témoins de ces antiques Floriacus sont très répandus dans tout le territoire de l'ancienne Gaule. Pour se faire une idée approximative des noms de lieu provenant d'un Floriacus gallo-romain ou mérovingien, il n'est que de jeter un coup d' oeil sur la carte jointe. Celle-ci n'est pas exhaustive, car toutes les régions de France n'ont pas été inventoriées comme l'Auvergne et le Velay par A. Dauzet et les Dictionnaires topographiques manquent pour encore bien des départements.
En schématisant, on peut dire que la forme FLEURY se trouve dans la plus grande partie du pays de lanque d'oïl, aves un FLEURIE à lextrême Sud-Est. Les variantes sont les suivantes:
FLEURÉ et FLEURAY dans l'Ouest,
FLEUREY dans l'Est (avec un FLIREY qui est un ancien FLEURY).
FLEURIEUX ou FLEURIEUX, voire FLURIEUX, en Lyonnais et dans les environs.
Un FLEURIEL (ancien FLEURIÉ) est limitrophe des précédents.
Une variante intéressante est constituée par un FLEURIAC dans la partie Est de la Bretagne: soit que la romanisation de cette région cût été arrêtée (mais moins rapidement qu'à l'Ouest) par l'immigration bretonne, selon la théorie d'Aurélien de Courson et de Joseph Lot, etc., soit que le recul du gaulois (encore parlé au Ve siècle) y ait permis une certaine romanisation avant la reconquête du breton qui n'est qu'une autre forme du gaulois (opinion de Louis Morin au XIXe siècle et, de nos jours, du Chanoine F. Falc'hun).
Dans les pays de lanque d'oc, les dérivés de Floriacus peuvent avoir l'une des deux finales suivantes:
soit en -ac: FLORAC, FLOIRAC, FLEURAC;
soit en -at: FLORAT et FLEURAT.
Il se trouve un FLEURY tout à fait inattendu près de Narbonne (signalé par un petit rond): c'est une création du XVIIIe siècle par érection en duché-pairie d'une terre s'appelant Pèrignan.
L'abondance des localités répendant au même nom d'origine est frappante, bien qu'on n'ait pas tenu compte des noms de fermes, mais des seules agglomérations, et que la carte soit très incomplète. Or si Floriacus dérive d'un nom d'homme comment se fait-il que l'on rencontre si peu de Florius à l'epoque gallo-romaine et de Florus aux temps mérovingiens?
Une hypothèse nouvelle
Le problème ne peut être que soulevé ici, car il dépasse de beaucoup les limites de ce simple article. Il faudrait, pour avoir quelque certitude, d'une part relever aves précision tous les noms pouvant dériver d'un antique Floriacus avec les formes anciennes et intermédiaires, et d'autre part faire une enquête sur d'autres toponymes semblables.
En effet quelques voix se sont élevées pour contester dans certains cas les généralisations de la thèse d'Arbois de Jubainville. Ainsi Roger Grand, dans un article sur les noms en -ac qui se rencontrent en Bretagne, émettait-il une réserve, en précisant qu'il pouvait s'agir parfois, non pas d'un nom d'homme, mais «d'un radical gaulois ou latin désignant la nature, la faune, la flore». Rècemment, un grand spécialiste de la langue bretonne, dont les théories ont renouveié bien des problèmes (sur les origines de cette langue, notamment), le Chaimoine Falc'hun, a-t-il consacré tout une chapitre d'un petit ouvrage aux vues pénétrantes à «La doctrine toponymique d'Arbois de Jubainville, ses points faibles, comment y remédier». On peut y lire: «Préoccupé avant tout d'établir entre noms d'hommes et noms de lieux un rapport de dérivation sur lequel il pût appuyer sa thèse de l'origine romaine du droit de propriété foncière en Gaule, d'Arbois de Jubainville ne semble pas s'être demandé si tel nom de lieu qu'il fait dériver de tel nom d'homme ne dériverait pas en même temps que lui d'un troisième vocable, un nom commun; ni si tel nom de lieu particulièrement fréquent en Gaule, qu'il rattache à tel nom d'homme rare ou inattesté, n'aurait pas une valeur topographique vérifiable sur place, ce qui rendrait difficilement défendable l'explication par un nom d'homme».
Floriacus ne serait-il pas un de ces toponymes dont l'origine doive être révisée? Qu'il soit seulement permis de signaler ici que l'on trouve le nom de FLEURY (ou autre dérivé) appliqué à un lieu qui ne semble pas avoir été habité (une vallée, une montagne, par exemple), ce qui infirmerait déjà la théorie classique.
Aves les données dont nous pouvons disposer, il semble possible de s'écarter de la thèse habituelle sur l'origine du nom de FLEURY et de la faire venir tout simplement de fleur (flos/-oris). La naïveté prêtée aux clercs médiévaux serait tout à leur honneur: FLEURY serait un lieu florissant.
En ce qui concerne Fleury-sur-Loire (actuellement Saint-Benoît-sur-Loire), ce vocable répond parfaitement au site. En effet, qui donc, passant par ce lieu, pourrait rester insensible à la splendeur, à la beauté lumineuse de ce jardin fertile qu'est cette partie du Val de Loire orléanais? Les anciens ne s'y sont pas trompés qui l'ont appelé le VAL D'OR, qualificatif qui se trouve dès le IXe siècle, par exemple dans l'épitaphe du comte Eccard d'Autun, bienfaiteur de FLEURY auquel il fit don du prieuré de Perrecy et où il fut inhumé entre 876 et 885. Il existe également dans un rouleau des morts du Xe siècle, ainsi que sous les plumes d'Aimoin, d'un moin de Perrecy et de Raoul Tortaire.
La lettre anonyme qui a été citée plus haut vante la fertilité de ce lieu, ce qui est tout à fait justifié, de nos jours pour l'horticulture et autrefois pour les vignobles. La mention: de Bacchus dans un vers du XIIe siècle est très intéressante: la vigne était cultivée dans ce val; dans un relevé du XVIe siècle, une grande partie des habitants de Saint-Benoît sont qualifiés de viticulteurs. De nos jours, il ne faut pas être trop exigeant sur le petit crû local que produisent encore quelques parcelles de vignes en ce lieu!
Ajoutons qu'un illustre contemporain qui y a fait un long séjour et qui était plus sensible qu'un autre à la nature, a chanté le Val et ses fleurs, nous voulons parler de Max Jacob:
«Saint-Benoît-de-Vieille-Vigne, Eden en Orléanais, ............................................ Plate, la terre est le reflet du Ciel. Les fleurs sont les cicatrices du Dieu mort; les blés sont les cheveux, les fontaines le miel qui coule de son Coeur, qui coule de son corps...». De même, les anciens moines ont parsemé de fleurs les armes de leur abbaye, qui sont ainse des «armes parlantes»; les moderntes, eux, les évoquent dans leur devise: «Florete flores ! ».
* * * Que celui que désire savoir si la nouvelle étymologie proposée pour l'origine du nom de FLEURY est effectivement celle qu'on donnaient les anciens, à savoir si c'est un lieu fleuri, florissant, qu'il s'en aille faire le tour de tous les FLEURY, FLORAC, FLEURAT, etc. qui parsèment notre pays, qu'il examine si cela correspond ou non à la fertilité du lieu, en s'en allant butiner de fleur en fleur.