-
- Nous devons la
première encyclopédie zoologique de la Renaissance,
Historia Animalium, à Conrad Gesner (ou Gessner,
Konrad, Conradus, 1516-1565), médecin Suisse allemand
de Zürich. Appelé le Pline allemand par Cuvier, Gesner
a tenté, à l'image de son époque, de répertorier
par ordre alphabétique tous les animaux connus de l'époque,
en tentant même une classification (et même une taxinomie
à deux termes). Il publie de 1551 à 1558 les quatre
premiers tomes mais meurt de la peste alors qu'il n'avait pas
terminé son tome sur les insectes, Theatrum insectorum.
Vendue à un assistant, Thomas Penny (1532 - 1589), médecin et naturaliste,
y ajoute des travaux d'Edward Wotton (1492-1555), de Charles
de l'Écluse (1525-1609), dont il tire des informations
sur les abeilles, Joachim Camerarius le Jeune (1534-1598, Symbolorum
et emblematum ex volatilibus et insectis desumtorum centuria
tertia, Nuremberg 1596,) pour les coléoptères
ou encore Jean Bauhin (1541-1613) pour les scorpions, sur lesquels
il publiera son seul livre relatif au Theatrum insectorum,
avant de mourir à son tour. C'est à un ami commun,
ayant étudié comme lui à Cambridge, que
reviendra le manuscrit, l'Anglais Thomas Moffett (Moufet, Mouffet,
Muffet, Muffett, 1553 - 1604).
Moffett le compléta
en une seule année, sans réussir à l'imprimer,
ce que fit Thomas Mayenne (1573-1655) en 1634 , mais avec des
gravures sur bois et un papier, le tout de mauvaise qualité
(Insectorum sive minimorum animalium theatrum, Londres,
Thomas Cote). Travail rapide (on a dit bâclé), et
en tout cas faisant oeuvre de compilation, moins pour les six
premiers chapitres, peut-être, sur les abeilles, sujet
de prédilection, semble t-il, pour Moffet. D'ailleurs,
ce n'est sans dout pas un hasard si cette partie sur les abeilles
n'est pas illustrée, alors que le reste l'est, emprunté
au leg de Penny. En dehors des traditionnels commentaires sur
les auteurs antiques (Aristote, Théophraste, Pline, Hesychius,
Virgile), Moffet avance qu'en cas d'intempéries, l'abeille
vole avec une petite pierre entre les pattes pour se lester et
se maintenir en équilibre (ce qui est observable, en effet).
Dans le chapitre deux, l'auteur prétend que le Roi des
Abeilles fait mettre à mort quiconque, dans son royaume,
se montre fou, laid ou malade de naissance, mais là, il
semblerait que Moffet confonde une ruche d'abeilles et la famille
régnante, les Tudor.
|