ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE ABBAYE ---------Origines -Temps des Mérovingiens
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Annexe :
Texte de Véronique Dupont :
Le monachisme basilien-
Le texte ci-dessous est la reproduction de la page web suivante :
http://www.scourmont.be/studium/dupont/vol2/chapiii.html
- Sous la direction de son Père, Basile reçoit une éducation soignée et une formation humaine et intellectuelle solide. Il apprend la grammaire, les mathématiques, la musique et lastronomie; il apprend aussi lart de bien parler : la rhétorique, et surtout, il apprend à prier et à étudier lEcriture Sainte.
- Le jeune Basile est avide de connaissances, de découvertes du monde et il se lance dans les études avec une ardeur de poulain comme le dira Grégoire de Nazianze dans lEloge funèbre quil fera de Basile. Il découvre la richesse de pensée des philosophes grecs et la savoure : Platon, Aristote, Plotin.
- A vingt ans, Basile doit aller continuer ses études à Constantinople. Il y aura pour maître lillustre Libanios, sophiste réputé, qui lui apprendra surtout lart de vivre avec sagesse.
- Basile a faim de connaissances intellectuelles. Il est brillant, doué, aussi désire-t-il achever ses études à Athènes, la patrie de la sagesse et des arts, la ville où lon vient de partout. Mais comme toute ville universitaire, les chahuts, les fêtes et les distractions font partie de la vie des étudiants autant que les cours.
- Basile fuit tout ce laisser-aller. Il regroupe quelques amis autour de lui; tous sont chrétiens. Parmi eux : un certain Grégoire ( le futur évêque de Nazianze) qui deviendra lami intime de Basile. Ce sera une indéfectible amitié, une des plus belles amitiés de lhistoire de lEglise. Chacun de nous faisait la gloire de lautre. On eût dit chez lun et lautre une seule âme pour porter deux corps. (Eloge funèbre de Basile). Cest une amitié toute centrée sur le Christ. Cette amitié est une flamme qui brûle, éclatante et aérienne (ibid).
- Lété 355 marque la fin des études universitaires de Basile. Il lui faut donc rentrer en Cappadoce où une brillante carrière de professeur lattend à Césarée. Grégoire, lui, na pas fini ses études et reste à Athènes. Cest le temps de la séparation géographique des deux amis.
- Cest le temps des vacances, aussi Basile se rend-il dans la grande propriété familiale dAnnisa. Sa sur Macrine le trouve exagérément exalté par son talent oratoire, dédaigneux de toutes les dignités et exalté par la prétention au-dessus de tous les notables de la province (VSM 6). Bref, elle le trouve orgueilleux, aussi lattire-t-elle à lidéal de la philosophie. Plus tard, dans la lettre 223,2, Basile parlera de ce moment de sa conversion : Jai dépensé beaucoup de temps pour la vanité (...) enfin un jour je méveillai comme dun profond sommeil. Je tournai les yeux vers ladmirable lumière de la vérité évangélique. Basile demande à recevoir le saint Baptême et il décide de mener une vie ascétique, dans la mouvance dEustathe, lami de la famille. Il cherche à rejoindre ce maître, mais en vain. Eustathe est en voyage. Quà cela ne tienne, Basile le poursuit, mais sans succès. Il visitera ainsi les terres monastiques de Palestine, Egypte, Syrie. A son retour il se rallie au groupe des eustathiens tout en se rendant compte de la nécessité de critiquer linspiration de son ascèse.
- Ainsi,
- - En réaction contre la rupture des liens conjugaux, le célibat pour tous, Basile va édifier sa doctrine sur la double charité de Dieu et du prochain et ne parlera pas de célibat.
- - Convaincu quune réforme spirituelle était nécessaire dans lEglise, Basile organise des hospices, laccueil des pauvres, etc.. dont linitiative revient à Eustathe, dans un monde où il y avait beaucoup à dire au point de vue des inégalités sociales.
- - Devant une certaine indifférence des eustathiens à la pratique des sacrements, Basile, dans le Traité du Saint-Esprit, insiste sur la divinité du Saint-Esprit et sur la sanctification baptismale. Dans lAsceticon, il enracine le renoncement monastique dans le renoncement catéchuménal à Satan.
- Basile vit dans la solitude, sefforçant de tenir son esprit dans la tranquillité (hesychia). Voici la description enthousiaste et un peu idyllique quil fait de ce lieu à son ami Grégoire pour le persuader de venir ly rejoindre (lettre XIV écrite après 360) :
- "Dieu ma montré un endroit convenant si parfaitement à mon caractère, quon peut y voir en réalité ce domaine que souvent nous avions pris lhabitude dimaginer par la pensée, à nos instants de repos et damusement"...."Cest une haute montagne, couverte dune épaisse forêt, arrosée au nord deaux fraîches et limpides. A ses pieds sétend une plaine inclinée, continuellement engraissée par les eaux qui suintent de la montagne. Une forêt qui a poussé delle-même autour de cette plaine aux arbres variés et de toutes espèces, lui tient presque lieu de clôture; aussi lîle elle-même de Calypso, quHomère admira évidemment entre toutes pour sa beauté, est-elle petite en comparaison. Et, en effet, il ne sen faut pas de beaucoup quelle ne soit une île, car elle est entourée de défenses de tous côtés. De profonds ravins déchirent son sol de part et dautre. Sur son flanc le fleuve, qui tombe dun escarpement, est lui-même un mur continu et infranchissable. Des deux côtés la montagne sétend, se joint aux ravins par des coudes en forme de croissant et interdit ainsi les voies daccès à ses pieds. Ceux-ci nont quun seul passage, et cest nous qui en sommes maîtres. Notre habitation sabrite dans une autre gorge, qui dresse à côté de la cime principale un sommet élevé, si bien que la plaine sétend aux regards et que den haut lon peut voir même le fleuve qui lentoure (...). Celui-là, le plus rapide des fleuves que je connaisse, prend un aspect quelque peu sauvage grâce à la roche voisine, sous laquelle il se répand et se roule en un profond tourbillon. Il me procure le plus agréable spectacle, à moi et à tous ceux qui le contemplent, comme il suffit très amplement aux besoins des habitants du pays, et il nourrit dans ses tourbillons une quantité inexprimable de poissons. Quel est-il besoin de parler des exhalaisons de la terre ou des brises du fleuve? Quant à la multitude des fleurs ou à celle des oiseaux chanteurs, quelquautre pourrait les admirer; moi, je nai pas le loisir dy appliquer mon esprit. Mais le plus bel éloge que nous puissions faire de cet endroit, cest que, naturellement capable de produire tous les fruits grâce à sa situation favorable, il nourrit le plus agréable pour moi de tous les fruits, la tranquillité, non seulement parce quil est éloigné du tumulte des villes, mais encore parce quil ne laisse pas même passer un voyageur, à lexception de ceux qui se mêlent à nous pendant leurs chasses. En effet, outre ses autres ressources, le pays nourrit encore des animaux sauvages, non pas vos ours ni vos loups (à Dieu ne plaise!) mais des troupeaux de cerfs et de chèvres sauvages, des lièvres y trouvent leur pâture, ainsi que les autres bêtes qui leur ressemblent".
- Des amis le rejoignent. On vit en fraternité . Ces chrétiens veulent vivre ensemble leur baptême. Parmi ces amis arrive, un jour, Grégoire. Il ne restera là que quelques mois. Il faut dire que Grégoire est un indécis. On dirait aujourdhui "discerner sa vocation". Le Seigneur lappelait-il à la vie ascétique en fraternité, ou au sacerdoce? Nul ne le saura jamais. Quoi quil en soit, la vie des deux amis à Annisa est très féconde. Ensemble ils composent un recueil des plus beaux textes dOrigène. On appellera cela la Philocalie. De cette époque datent aussi les Règles Morales : règles de vie pour tout chrétien, règles inspirées de 1542 versets du Nouveau Testament et touchant la conversion, la foi, la charité, la solidarité, le travail, le discernement spirituel, etc...
- Basile arrive à faire à ce mouvement une place au sein de lEglise, comme cellule même dEglise. Le monachisme de Basile (avant que celui-ci ne soit évêque) est un monachisme danarchistes, de contestataires, de révolutionnaires. Il regroupe toutes sortes de gens : chrétiens aspirant à vivre à fond la vie évangélique, mais aussi esclaves, soldats déserteurs, colons fatigués du travail, fils et filles en contestation avec leurs parents, époux lassés par leurs conjoints. Autrement dit, pour le recrutement, on est dans le droit fil des disciples dEustathe. On ne sengagera durablement dans ce mouvement quau temps où Basile sera évêque; cela purifiera, éclairera, assainira la situation.
- Dans les fraternités basiliennes, on mène une véritable vie communiste (mais pas marxiste). Où vont les biens? A lEglise plutôt quaux pauvres directement, comme chez Eustathe. Doù se crée tout un réseau doeuvres ecclésiastiques, hospices, monastères. Les grandes propriétés familiales passent à lEglise dont la propriété foncière saccroît de plus en plus. Basile organise un système dassurances sociales qui fera la force du Moyen-Age. Mais du coup, on ne travaille plus! (cela, cest le problème du communisme, quon se souvienne des Actes des Apôtres!). Basile va rappeler la nécessité du travail consciencieux et charitable et recommander de prendre soin des instruments de travail.
- Mais comment vivait-on dans une fraternité basilienne?
- Dabord le lieu :
- Cest une maison commune, un coenobium, de proportion modeste, comptant non pas des centaines de moines comme dans les monastères pachômiens, mais quelques dizaines de membres. La communauté de Basile est une maison familiale sur les bords de lIris (sur lautre rive duquel se trouve le monastère des moniales de Macrine et, un peu plus loin sur les bords du fleuve, lermitage du frère aîné Naucrate). Un toit commun, une table commune, une prière commune : une unique maison, une communauté dans laquelle le supérieur veille sur chacun des frères en particulier (ce qui vous explique le nombre limité) avec laffection et la patience dun père.
- La sainte liturgie sy déroule quatre fois par semaine : le dimanche, le mercredi, le vendredi et le samedi. Pourquoi ces jours-là? pour se démarquer des communauté eustathiennes. Il y a quelques prêtres, dont le supérieur (le supérieur est toujours un prêtre). Pour garder le silence, condition essentielle au recueillement, on limite le plus possible les sorties, on évite aussi les travaux datelier bruyants. Par contre les travaux des champs, lexploitation forestière et celle des carrières ont la préférence. Le travail intellectuel a aussi sa part : étude et méditation de la Bible, cours au plus jeunes, etc... Écoutons Grégoire de Nazianze en parler avec nostalgie (et faisons aussi la part de la littérature!) :
- Qui nous rendra ces jours où nous travaillions ensemble jusquau soir? où tantôt nous fendions du bois, tantôt nous taillions des pierres? où nous plantions et arrosions nos arbres? où nous traînions ensemble ce lourd chariot dont les marques nous sont si longtemps restées aux mains?... Qui nous rendra ces chants des psaumes et ces nuits passées dans les veilles, et ces pèlerinages vers Dieu par la prière! et cette vie presque immatérielle et incorporelle! et cette amitié, et cette unanimité des frères, élevés au-dessus de la nature et comme déifiés par vous! (Lettre 9 de Grégoire de Naz. à Basile)
- On vit modestement et même pauvrement. Basile donne lexemple avec une seule tunique et un seul manteau; pour lit, une planche posée sur le sol; pour nourriture du pain, du sel et quelques légumes; pour boisson leau des ruisseaux de la montagne; écoutons à nouveau Grégoire :
- Je me souviens et me souviendrai toujours de cette cabane sans toiture ni porte, de cet âtre sans feu ni fumée, de ce pain et de ce potage, comme on les appelait, où la dent glissait entre les morceaux pour sen retirer comme dun ciment.( Lettre 7 de Greg. de Naz. à Basile).
- La fraternité comporte aussi une école pour recevoir les enfants orphelins, abandonnés, donnés - ou oblats, offerts par leurs parents - ou les enfants chrétiens. Ils reçoivent une éducation exclusivement religieuse (ni grammaire ni rhétorique) : on forme leur âme non leur intelligence intellectuelle, en essayant de les faire parvenir à la paix du coeur : lapathéia (labsence de passions). La Bible est leur livre dinstruction. On les forme dans la perspective quils deviendront "moines" et sengageront dans la communauté vers 16-17 ans.
- En fait, la seule Règle de Basile est lEcriture Sainte (cest pour cela que ce que lon a appelé ses "Règles monastiques" a traversé les siècles). Il fait de lEvangile la substance de sa pensée. Nulle part vous ne le verrez employer le terme de religieux, moine; cest volontaire; il nentend en aucune façon constituer un groupe à part ou au-dessus du commun des chrétiens; lépithète qui convient cest chrétien .
- Pour Basile, le devoir strict du chrétien, sa façon de proclamer la seigneurerie du Christ, cest :
- - la consécration des biens terrestres au service des pauvres,
- - lobéissance intégrale au précepte évangélique de la charité,
- - létude continuelle de la Parole de Dieu,
- - la prière assidue.
- Aussi voit-il dans les communautés ascétiques la réalisation même de lEglise locale et non des communautés en opposition au monde ambiant. On vit son baptême.
- Mais si tout est ordonné à la prière et à laccueil des pauvres dans les forêts de Cappadoce, la vie de lEglise universelle nest pas aussi harmonieuse et calme. Larianisme, en effet, continue ses ravages dans lEglise. En 364, Basile est ordonné prêtre et appelé à être le conseiller théologique de son évêque. Basile se rend à Césarée de Cappadoce où il continuera de mener sa vie ascétique. Il visite régulièrement ses fraternités, conseille les uns, encourage les autres, et prêche très bien. .. Si bien que son évêque devient jaloux de lui. Et voilà des clans qui sinstallent dans lEglise de Cappadoce! On excite Eusèbe contre Basile, ou au contraire, on dit que lélection épiscopale dEusèbe est nulle. Basile prend conscience de tout cela. Il veut lunité de lEglise. Il est consterné dêtre en partie et malgré lui loccasion de ces dissensions, alors, un jour, après avoir demandé lavis et laide de son ami Grégoire, il senfuit dans ses forêts. Il y demeurera deux ans, visitant ses fraternités et travaillant inlassablement au développement de la vie ascétique. Il va dune fraternité à lautre; les frères lui posent un tas de questions pratiques, concrètes sur la vie chrétienne. Basile répond sur le champ. Cela va donner le Petit Asceticon . Cet ouvrage contient les questions des frères et les réponses de Basile. Les frères, en effet, prennent des notes et on les recopie; on se les transmet de fraternité en fraternité. Cest ce texte de Basile qua dû connaître Saint Benoît.
- Une "seconde édition", plus longue, du Petit Asceticon sera faite assez tôt. Cest une édition revue et complétée, qui a pris nom de Grand Asceticon. De quoi cet ouvrage est-il composé? Il contient dune part une partie du texte du Petit Asceticon, remanié, développé et complété - touchant au cadre de la vie cénobitique; cest ce quon appellera les Grandes Règles (GR); et dautre part les Petites Règles (PR) qui sont des réponses à toutes sortes de questions variées, publiées telles quelles.
- On peut résumer cela ainsi :
- PETIT ASCETICON Traduit en Latin par RUFIN
- Cest ce que Benoît connaît de Basile.
- GRAND ASCETICON Grandes Règles (une partie du Pt Asceticon remanié et complété)
- Petites Règles : reste du Pt Asceticon et quelques autres questions pratiques.
- Nous disposons actuellement, en traduction française (Ed. de Maredsous) des Règles monastiques de St Basile, cest-à-dire : les Grandes Règles et les Petites Règles. Grâce à la table des correspondances établie par le Père Gribomont (cf. Evangile et Eglise, éd. Bellefontaine), nous pouvons, à partir des GR et PR reconstituer le Petit Asceticon, ce qui est fort utile pour lire la Règle de Benoît.
- En 363, la mort violente de lempereur Julien, tué au combat par un javelot, vient troubler le recueillement de Basile. En effet, le nouvel empereur, Valens, est un ami des ariens qui navaient jamais cessé la lutte et la reprennent alors avec plus de force et soutenus par lempereur. Lintellectuel du parti arien, Eunome, évêque de Cyzique, écrit et diffuse un exposé complet de la théologie arienne, anoméenne. Les évêques orthodoxes veulent réagir vite et bien. Ils demandent à Basile de le faire, doù le traité Contre Eunome dans lequel Basile montre tout le caractère pernicieux de cette apologie dEunome.
- Evidemment les évêques ariens ne sont pas contents du tout et le font savoir à leur ami lempereur. Celui-ci décide de faire une opération de force pour "convertir" à larianisme les évêques rebelles. Le métropolite de Césarée, Eusèbe, demande à Basile de revenir auprès de lui pour laider. Basile revient auprès de son évêque au printemps 365. Eusèbe trouve alors en Basile un bâton de vieillesse; Le métropolite conduisait le peuple et Basile conduisait lévêque, dira Grégoire lors de léloge funèbre de Basile.
- En 370, Basile devient métropolitain de Césarée. Il lutte aux côtés dEustathe de Sébaste contre les ariens. Les deux évêques vivent une véritable amitié qui, hélas, sera rompue avec fracas par Eustathe devenu jaloux du prestige de son disciple Basile.
- La suite de la vie de Basile est entièrement consacrée à sa charge de pasteur et de défenseur de la foi orthodoxe.
- A lautomne 378, un bruit court dans Césarée. Basile est mourant. Il récupère en fait un peu de forces, impose les mains à de nouveaux prêtres, puis rechute. Hiver 378, dernière nouvelle : Basile est étendu, les yeux fixés au ciel. Il vient de mourir en murmurant : Entre les paumes de tes mains, je remets mon esprit (Ps. 30).
- Grégoire de Nazianze, son ami depuis sa jeunesse écrit que Basile rendit son âme avec bonheur. Basile séveille à la merveilleuse lumière de Dieu. Il venait décrire dans son dernier ouvrage (Homélie sur lorigine de lhomme): Tu es né pour regarder Dieu. Il avait 49 ans.
- LA PATERNITE DE SAINT BASILE
- Il ny a pas eu dordre basilien, ni même de congrégation basilienne comparable à celle de Pachôme qui était une institution centralisée. Mais le prestige et la sainteté de Basile, son esprit, vont pénétrer toutes les solitudes orientales, non seulement dans les fraternités quil a établies à Annisa et à Césarée, ou dans ses fondations des villes du Pont, de Cappadoce et dArménie romaine, mais bien au-delà, en Syrie orientale et jusque dans le Caucase. Vers lan 800, lesprit basilien va rayonner au grand monastère du Stoudion, à Constantinople, grâce à lhigoumène Théodore qui avait Basile en grande estime et qui va introduire sa spiritualité dans ce monastère prestigieux dont il a la charge (cf. chapitre IX de ce cours). De là, le monachisme basilien fera la conquête du Mont Athos dès 950, puis, de lAthos, il gagnera les pays slaves, les laures de Kiev et enfin rayonnera sur les monastères russes.
- Lun des thèmes majeurs de la spiritualité basilienne est celui de plaire à Dieu, aussi, nous voudrions simplement en donner un modeste aperçu, dans les Règles monastiques de Basile, pour susciter le désir de faire un travail en profondeur et den vivre.
- PLAIRE A DIEU
- daprès les Règles de Saint Basile
- La Règle de Notre Père saint Basile est-elle
- autre chose quun instrument de vertus
- pour moines vraiment bons et obéissants?
- St Benoît RB 73
- Le moine est un homme de désir; par toute sa vie il cherche à plaire à Dieu. Le premier moyen nécessaire pour parvenir à ce but est de vouloir lui plaire, non pas sporadiquement mais dune manière persévérante (PR 34), continuelle, immuable (PR 53, 157, 191), insatiable, inébranlable (PR 157) et de toutes ses forces (PR 211). Comment réaliser concrètement ce désir?
- I. Vouloir plaire à Dieu
- 1. Le chrétien qui veut plaire à Dieu reçoit de lui la puissance de lui plaire (PR 10), et par cette puissance, il célèbre les louanges du Seigneur. le don de Dieu, ses bienfaits, suscitent en nous le désir de lui plaire (PR 179). En effet, cest lui, le Seigneur, qui opère dans le cur du moine la conversion de la tristesse en joie, en exultation (PR 10). Le moine reconnaît que cest lui, le Seigneur, lauteur de tous les bienfaits reçus, à commencer par le salut et que nul autre langage, si ce nest celui de lEcriture, ne saurait exprimer dignement une telle reconnaissance (GR 2).
- 2. Ainsi, celui qui plaît à Dieu est préoccupé du service de Dieu (GR 5). Cherchant uniquement la gloire de Dieu et de son Christ, il ne peut négliger aucune des heures de lOffice (GR 37). Saint Basile invite les chrétiens réunis au Nom de Dieu - et donc par excellence lorsquils sont à lOffice Divin, à se remémorer dans quel dessein le Seigneur les a rassemblés et à sy conformer (PR 225).
- 3. En effet, en sappuyant sur la parole de lApôtre (Rm 12,1) offrez à Dieu vos corps comme une hostie vivante, sainte et agréable à Dieu, cest un culte raisonnable qui lui est dû, Basile montre à ses frères comment celui qui est mû par une raison saine, une volonté droite et recherche toujours et partout à accomplir le bon plaisir de Dieu, rend un culte parfait et raisonnable (PR 230). Cest toute la vie du chrétien qui devient peu à peu service de Dieu. Le moine se recueille en lui-même, sapplique à ce quon lui dit de faire, sans soccuper de la conduite des autres, sans faire des comparaisons (GR 48). Ainsi, petit à petit, il tend vers un autre monde, selon la parole de Paul aux Philippiens (Phil. 3, 20) notre vie est dans les cieux et il sintériorise de plus en plus.
- 4. Cette vie avec Dieu commence dans le cur humain par la crainte de Dieu qui est le commencement de la sagesse (Prov. 1,7; GR 4). Dans cet esprit de crainte filiale, le moine sapplique en toute occasion à ne pas contrister lEsprit de Dieu (Eph. 4, 20; PR 23). Le but de la vie monastique est dobserver les commandements de Dieu de façon à lui plaire; cest chercher à plaire à Dieu comme Jésus plaît au Père. Ainsi le moine demeure en son amour.
- II. LAscèse
- Lascèse est le moyen que propose saint Basile pour parvenir à une vie qui plaît à Dieu. Pour plaire à Dieu, il faut proportionner les moyens à la fin... Il en est de même de la vie dascèse par laquelle nous voulons plaire à Dieu en nous conformant à lEvangile du Christ : nous ne pouvons le mener que dans léloignement des soucis du monde et le bannissement absolu des distractions (GR 5). Les distractions sont occasions de tentations (PR 263).
- Les principaux moyens ascétiques que nous trouvons dans les Règles de Basile atteignent les lieux fondamentaux de lêtre humain, en même temps quils sont extrêmement concrets et pratiques. Ce sont : lobéissance, lhumilité, le renoncement à soi-même, la garde des pensées, la tempérance, le bon combat.
- 1. Lobéissance est synonyme de ce qui plaît à Dieu. Dès le Prologue des Grandes Règles, Basile montre le but de lobéissance : lamour de Celui qui commande... la joie dêtre trouvé digne de servir un Dieu si glorieux et si bon.. un moine obéissant mène une vie conforme à celle de Jésus, le Parfait Obéissant. Cest pourquoi Basile va jusquà dire que rien ne doit être préféré à lobéissance à Dieu, quil ne faut rien préférer à la soumission à Dieu (GR 12) et il présente tout de suite un bon moyen dobéir : prendre partout la dernière place (GR 21).
- Lobéissance occupe une grande place dans les Règles basiliennes. Elle est fréquemment mise en valeur. cest par elle que le moine plaît à Dieu. Basile apprend très concrètement à ses disciples ce quest un moine obéissant : il est prêt à toutes bonnes actions; cest un instrument docile (GR 10) qui obéit de tout son cur (GR 28, en tout (GR 41), à tous ses frères - du moment que leur ordre est conforme à la loi de Dieu (PR 114). Il na aucun autre souci que dobéir à lordre du seigneur (PR 154). Il obéit avec un cur humble et pur, fuyant la vaine gloire (GR 20). Lobéissance est sans limites : vouloir plaire à Dieu, cest vouloir obéir jusquà la mort, à limitation du Maître (PR 116; 119; 152). Il sagit de vivre lobéissance en étant dans la disposition des enfants, alors on plaît au Père.
- 2. Lhumilité. Saint Basile ne fait pas un long discours sur lhumilité. Il donne, par des moyens très concrets, le sens fondamental de cette vertu : plaire à Dieu, lui obéir en devenant parfait comme le Père céleste est parfait (Mt 5, 48). Pour cela, il est nécessaire de fuir la vaine gloire (GR 20), de prendre la dernière place car ce qui est élevé parmi les hommes est en abomination devant Dieu (PR 20). La patience (PR 179; 181; 226) est la forme de lhumilité qui permet un tel labeur. Ce nest pas une résignation mais lespérance de la récompense dans le siècle futur (PR 181). Basile va loin dans le sacrifice de la volonté propre : on ne doit même pas faire le bien par sa volonté propre (PR 60; 227). Il sagit de devenir fou aux yeux du monde pour trouver la sagesse de Dieu. Ceci arrive lorsque, en rejetant toute prétention à lintelligence, le moine nestime pas ses propres raisonnements, et, bien plus, il ne commence même pas à raisonner avant de sêtre accoutumé à la Loi du Seigneur, dans le but de plaire à Dieu, soit en actes, soit en paroles, soit en pensées (PR 274).
- 3. Le renoncement à soi-même. Le désir de suivre le Christ nécessite le renoncement à soi-même. Il sagit de prendre sa croix chaque jour, de perdre sa vie (Lc 9, 23-24; GR 6: GR 8; PR 237). En voulant ainsi suivre Jésus, le moine entre dans le temps de la patience, grâce quil reçoit du Seigneur jour après jour et qui lui permet de travailler au désir de plaire à Dieu (PR 179). Ce renoncement à soi-même sexprime principalement de deux façons :
- a) Le sacrifice de sa volonté propre. Il sagit de se préparer à mourir pour le Christ, de résister aux attaques lancées contre soi à cause du Nom de Jésus.
- b) Loubli complet des choses passagères. Celui-ci sexprime dans labandon des choses extérieures : richesse, vaine gloire, société des hommes, attrait des bagatelles... Le grand obstacle , dans le désir de plaire aux hommes, cest linstabilité (PR 33). Loubli des choses extérieures consiste aussi à ne plus tenir compte de quoi que ce soit en cette vie, que ce soit laffection des parents et amis lorsquelle soppose au précepte du Seigneur Si quelquun vient ... sans me préférer... (Lc 14, 26), ou bien la crainte des hommes quand elle détourne du vrai bien ou les moqueries dont les méchants accablent les bons. En résumé, écrit saint Basile, se renoncer, cest transporter le cur humain dans la vie du ciel en sorte que lon puisse dire : notre patrie est dans les cieux (Ph. 3, 20), et surtout, cest commencer à nous assimiler au Christ lequel sest fait pauvre pour nous, de riche quil était, et à qui nous devons ressembler si nous voulons vivre conformément à lEvangile (GR 8). Bref, se renoncer, cest suivre le Christ avec ardeur.
- 4. La tempérance. Lhumilité vraie, à la suite du Christ pauvre, chaste et obéissant jusquà la mort, se vit par la tempérance qui est un moyen dascèse très efficace (GR 16) : Nul moyen nest plus apte que la tempérance à modifier et asservir le corps. Basile nous rappelle que tous les saints ont vécu dans la tempérance, à commencer par notre Seigneur lui-même lors de sa vie sur la terre. Tous jeûnent pour voir Dieu.
- La tempérance parfaite exige essentiellement que lon impose une mesure à sa langue, des limites aux yeux et la simplicité aux oreilles (GR 16). Elle est destruction du péché, anéantissement des passions, mortification du corps jusque dans ses appétits et ses désirs (GR 17). La tempérance nest pas négative; elle est le signe que lon est mort avec le Christ. Elle nest pas triste; au contraire elle engendre la joie de tout faire pour la gloire de Dieu (1 Co 10, 31); GR 17; PR 72). Elle est aussi le canal de la chasteté (GR 18).
- 5. La garde des pensées. On ne peut plaire à Dieu si nos pensées changent constamment dobjet, si lon na pas la conviction constante que Dieu scrute les reins et les curs (PR 21) car alors on ne peut pas obéir au commandement de Dieu (GR 5). Vivre sous le regard de Dieu est le remède contre les distractions (PR 295). Les pensées multiples ne plaisent pas à Dieu. En laissant notre esprit ségarer, on manifeste que lon ne préfère pas tout au Christ. Si, en dehors de lheure du repas on pense à la faim sans léprouver physiquement, on met en évidence légarement de lâme en trahissant son attachement aux choses présentes et son indolence vis-à-vis de celles qui plaisent à Dieu (PR 17).
- Cette ascèse nest pas demandée seulement au moine débutant mais elle est une pratique de toute la vie : sexercer à se préserver de la dispersion de lesprit, multiplier et accentuer ses efforts dans ce sens afin de plaire à Dieu et de se maintenir plus intensément et plus parfaitement recueilli dans son amour (PR 306). Saint Basile, connaissant bien la nature humaine et la difficulté de ce quil propose au nom de lEvangile, donne un moyen très concret pour la garde des pensées : prier sans cesse (1 Th. 5,5; PR 306). La vie ascétique chrétienne est lexpression dune relation personnelle avec Dieu; la rencontre dun regard omniprésent qui stimule et attire à lui (PR 306).
- 6. Le silence et la solitude
- Le moine cherche à plaire à Dieu en combattant dans le silence et la solitude du monastère. Basile montre la nécessité de la solitude; il insiste même; il signale limportance de commencer par prendre la décision dhabiter dans la retraite afin de ne pas vivre comme des étrangers aux commandements du Christ. Cette mise à lécart favorise la prière et la méditation auxquelles il est impossible de sadonner au milieu de la foule, source de distractions multiples et de soucis temporels (GR 6). Pour Basile il sagit bien de la solitude du monastère; en effet, les solitaires anachorètes ne lui paraissent pas vraiment chrétiens. Dans la tradition de Basile, on vit en communauté. Quant au silence, il permet de désapprendre les usages du monde; il est essentiel à la vie monastique, ou plutôt, ce qui est essentiel, cest de savoir manier la parole, comment interroger et comment répondre (GR 15).
- 7. Le travail. A plusieurs reprises, dans les Règles monastiques, Basile insiste sur le but du travail : être agréable à Dieu (cf. par exemple GR 33). Par le travail manuel, le moine ne cherche pas à subvenir à ses propres besoins, mais il désire accomplir la Loi du Seigneur en venant en aide à celui qui a faim. Cest sapprocher de la perfection que de travailler nuit et jour pour donner à celui qui a besoin (GR 42). Le moine sait quil ne se procure pas à lui-même le pain quotidien mais quil le reçoit de Dieu (PR 252) et, tout en travaillant, son cur est occupé uniquement à la louange divine. Cela se concrétise par la prière avant le travail et par la prière pendant le travail. La prière avant le travail pour que Dieu conduise cet ouvrage à bonne fin, quil le sanctifie. La prière pendant le travail : en se maintenant dans le recueillement, ainsi, petit à petit, on peut prier sans cesse.
- 8. Le bon combat. Ainsi, quiconque mène le bon combat afin de plaire à Dieu, a confiance dans le Seigneur et ne se soucie pas de lui-même (PR 272); il devient libre, il est dhumeur égale, partout et toujours le même (PR 33); il lutte contre la paresse de lâme et sil glisse et tombe par suite des circonstances, cest presque malgré lui (PR 81). Il se laisse, en ce cas, immerger dans la miséricorde divine. Le moine animé de ce bon zèle persévérant (PR 34) a un cur ardent et plein damour pour son Seigneur et pour ses frères. Cest toute sa vie qui est ainsi transfigurée.
- III Lamour fraternel
- Le moine désire aimer Dieu de tout son être. Un tel amour est inné en lhomme à la manière dun germe. Etre à lécole des commandements du Seigneur, cest apprendre à cultiver ce germe, le nourrir et le porter à son épanouissement avec la sagesse divine. Cest cet amour reçu de Dieu qui anime toute la vie du moine. En effet, la charité embrasse tous les commandements (GR 2). Le soutien fraternel est un très grand bienfait de la vie cénobitique. Le champ du combat, la voie assurée du progrès, un entraînement continuel, la pratique assidue des commandements du Seigneur, voilà ce quest aussi une communauté de frères. Elle tend à la gloire de Dieu (GR 7). La mise en commun des biens,le souci de ne rien laisser échapper des commandements qui sont donnés aident à plaire à Dieu. Si l'on est plusieurs à chercher avec sollicitude, ce sera plus facile de trouver la solution cachée car Dieu nous fera la grâce de la découvrir dans les enseignements et les avertissements du Saint-Esprit (Prologue GR). Au monastère, lamour fraternel sexprime principalement dans le service et lattention mutuels. Dieu a décidé que nous aurions besoin les uns des autres afin que nous soyons unis les uns aux autres (GR 7).
- 1. Le service fraternel. En servant ses frères, le moine sert le Seigneur lui-même : tous ceux qui ont la charge dêtre utiles aux frères doivent sentir intérieurement et montrer extérieurement quils servent non des hommes mais le Seigneur lui-même, car dans sa grande bonté, celui-ci estimera comme rendus à lui-même lhonneur et le zèle rendus à ceux qui lui sont consacrés, et il promet en récompense lhéritage du Royaume des cieux (cf. Mt 25, 34-40; GR 34).
- Dieu nous a donné la propension naturelle à aimer notre prochain; ce sont les fruits de ce germe que Notre Seigneur nous demande quand il dit : Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres (Jn 13, 34: GR 3).
- 2. Lattention mutuelle. Cest toute cette inexprimable délicatesse fraternelle qui fait que lon soublie soi -même pour ne plus être centré que sur lamour. Alors on se réjouit avec un frère qui est honoré parce quil cherche à plaire à Dieu, selon la parole de lApôtre (1 Co 12, 26; PR 175), et lorsquon a des reproches ou des exhortations à faire à un frère, on parle avec charité et tremblement, avec une grande humilité, dans le seul but de plaire à Dieu. On le fait avec bienveillance et compassion à légard des auditeurs (PR 184). Si le frère que lon a corrigé est touché, alors le cur du moine sapplique à ne pas rechercher sa propre gloire mais la gloire de Dieu et lédification du prochain (PR 185) et lon sait que plus on est humble, plus on plaît à Dieu.
- 3. La charité et la miséricorde. Dans les moindres détails Basile appelle les frères à faire preuve de charité et de miséricorde envers leurs frères. Il met vraiment le commandement de lamour en premier dans les Règles, comme le Christ la fait dans lEvangile. Lamour fraternel au monastère est un amour ardent, plein de délicatesse et dattention mutuelle. Cest aussi un amour qui a une certaine retenue dans son expression, qui exige une vraie pureté du cur. Le frère est avant tout seul avec Dieu; il ne cherche que Dieu, avec un cur ardent et il doit poursuivre cet amour unique qui embrasse tous les autres, avec zèle et persévérance.
- Les règles basiliennes sont un trésor de vie spirituelle; elles tracent la route toute directe vers le cur du Seigneur. Plaire à Dieu, cest le chercher et le louer avec ardeur. Une disposition exprime bien lattitude de celui qui veut être agréable à Dieu : la ferveur du cur, toujours et partout. Ces expressions jalonnent les Grandes et Petites Règles. Le cur du moine est ardent, quelles que soient ses occupations, quels que soient les ordres reçus. Cest la relation damour qui constitue la vie spirituelle. Le moine na quun souci : plaire à son Seigneur bien-aimé. Cest sa vocation. Sans cesse il tend à faire davantage (PR 121). Il ne néglige rien de ce qui plaît à Dieu (PR 98), il ne prend pas de repos; il se soucie daccomplir parfaitement et sans cesse la volonté de Dieu (PR 276). A cette fin, il essaie de faire passer toute sa vie dans la louange de Dieu; il veut être une hostie vivante offerte au Père et il vit dans lhumilité et la crainte de Dieu. Il veille sur son cur, désirant ne rien négliger de ce qui peut le purifier, doù toute sa vie ascétique. Libéré peu à peu de lui-même, il souvre à ses frères et se donne à eux en devenant serviteur, un serviteur discret, bienveillant et débordant de miséricorde.
- Le moine qui plaît à Dieu est un être simple, de cette simplicité toute évangélique, toute absolue, la simplicité des fils du Royaume de Dieu. Je pense quêtre simple, écrit Basile, cest être sans mélange et absolument pur de tout contraire, comme un seul bloc. Et tout est orienté vers la piété; non seulement cela mais encore soucieux datteindre la fin et en toutes choses, de façon que chacun, à la place qui lui est assignée, tende correctement vers son but sans se laisser détourner même par des buts semblables (GR 264).
- Le désir de plaire à Dieu englobe les composantes du propos monastique : conversion, fuite du monde, solitude, ouverture du cur, obéissance, vie sous le regard de Dieu, assomption du désir humain.
- Le désir de plaire à Dieu est le désir ardent, absolu et universel du disciple de Jésus-Christ.
Sources :
- - http://www.scourmont.be/studium/dupont/vol2/chapiii.html
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