ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE ABBAYE Origines -Temps des Mérovingiens
- ABBAYE DE LERINS
Lérins ( Alpes-Maritimes, 06) Fondation vers 400 Cisterciens En activité Le monastère de Lérins fut fondé par saint Honorat, dans l'île qui porte encore son nom.
Icône des années 1990, peinte par un frère de Lérins.
Honorat, d'origine gallo-romaine, de famille consulaire, attiré par l'exaltation monachique de l'Orient chrétien, s'embarqua avec son frère Venant ( Venantius ) à Marseille pour la Grèce. Son père charge son frère aîné, jeune homme gai et bouillant, de le détourner de la vie ascétique, et c'est au contraire lui qui gagne son frère ; Honorat revint en Gaule, après avoir traversé l'Italie, et s'arrêta chez Léonce, évêque de Fréjus. La tradition lui assigne pour demeure la grotte de Sainte-Baume, sur le cap Roux.
- De là, il choisit, entre 400 et 410, la plus petite des îles de Lérins. Accompagné de saint Caprais et de quelques autres compagnons, il arrive sur lîle qui porte aujourdhui son nom, déjà ruinée du temps de Pline, et où l'on ne voyait plus, au commencement du Ve siècle, qu'une plage déserte et rendu inabordable par la quantité des serpents qui y pullulaient. Il s'en débarrasse, défriche, cultive, fleurit ce petit désert et fonde là une communauté devenue, dès 427 à ce que rapporte Jean Cassien, un "immense monastère". Honorat en resta le chef, jusqu'à ce que les Arlésiens l'appelassent au siège épiscopal de leur ville en 426, d'où il allait visiter, au moins une fois par an, sa chère communauté.
- Il écrivit en partie la première règle de Lérins, appelé la "Règle des Pères". Dévoré du zèle qui fait les apôtres, il se signalait par ses prédications qu'il continua jusque dans les souffrances de sa dernière maladie. Il mourut en 429 (Venant lui, mourut à Méthone). C'est Hilaire, son élève et parent, qui lui succéda à la tête de l'évêché arlésien.
- Ses reliques furent transportées d'Arles à Lérins en 1391.
L'action exercée par l' abbaye de Lérins sur la christianisation de la Provence et d'autres parties de la Gaule, ainsi que l'Irlande ( avec Patrice) ou l'Angleterre (avec Augustin), ressort du fait que les évêques les plus marquants de ce mouvement religieux sont presque tous passés par le monastère, comme Hilaire d'Arles (mort en 449), Eucher de Lyon (évêque, mort vers 450), Loup de Troyes (mort en 479), Césaire d'Arles (mort en 542), pour les plus connus, mais aussi Cassien , fondateur de Saint-Victor-de-Marseille, Vincent, qui y compose vers 434 son Commonitorium, où il justifie le critère fameux de l'orthodoxie, définitivement adopté par l'Eglise : quod semper, quod ubique. Salvien y rédige son De gubernatione Dei. Maxime, Fauste, et d'autres. Dans les tempêtes du VIe siècle, la discipline de l'abbaye de Lérins se relâche et sa puissance diminue. Le moine Aygulfe, du monastère de Fleury-sur-Loire, pensa réformer Lérins en soumettant ses moines à la règle de Saint-Benoît : il lui en coûta la vie et est considéré comme martyr.
Au milieu du VIIIe siècle, les moines avec leur abbé Porcaire II auraient été massacrés par les Sarrasins.
C'est l'arrivée de moines bénédictins à Lérins en 661 qui fera de ce monastère un couvent bénédictin.
"Lérins se caractérise surtout, à son début, par son mode unique de vie religieuse. Comme le rapporte Ida Stümcke, citant Césaire d'Arles, « les moines n'étaient liés par aucun voeu; ils pouvaient quitter le monastère quand ils le voulaient. Il n'y avait ni période de probation, c'est-à-dire ni noviciat, ni règle; aucune obéissance à l'abbé n'était exigée des moines: chacun choisissait librement son activité. Cette vie spirituelle fondée sur la liberté était possible parce qu'un enthousiasme enflammait les âmes des moines ». Certains élèves de ce monastère s'opposèrent d'ailleurs à Saint Augustin, sur le chapitre de la grâce et du libre arbitre. Faustus de Riez, dans son ouvrage "De Gratia Dei", résume ses conceptions de la manière suivante: « Donnons à l'homme l'amour du bien et la connaissance du mal et accordons-lui selon notre plan sa propre décision et sa raison douée de liberté... Créons un homme qui, par sa libre volonté et non par nécessité, puisse aller vers ce qui est juste... afin que le degré le plus haut de sa souveraineté soit la faculté de pouvoir pécher et cependant de ne pas le vouloir ». Une telle conception, si "moderne" pour l'époque, ne pouvait qu'attirer les foudres de l'église romaine et le combat de Pélage et de Saint Augustin illustre à merveille les luttes spirituelles relative à la liberté de l'homme, lourdes de conséquences pour les siècles suivants en général et pour Lérins en particulier..."
extrait de http://www.ifrance.com/fmrugala/MoyenAge/Arisitum/abbaye/lerins.htm
Après un court réveil du temps de Charlemagne, une nouvelle décadence menaça de ruiner Lérins. Alors Benoît VII la relève de ses ruines 976 et en remet sa direction à la congrégation de Cluny en 978, qui inspirait à ce moment la politique ecclésiastique, et ce fut le commencement d'une nouvelle période pour Lérins. Au XIe siècle, particulièrement sous les abbés Amaury, Albert 1er et II, de grands privilèges furent obtenus en même temps que des donations importantes. L'opulence régna bientôt à Lérins comme à Cluny.
La plupart des bâtiments anciens qui se trouvent sur lîle datent de cette période, en particulier le Monastère fortifié :
Le Monastère fortifié Vue générale de l'abbaye : l'ancien monastère fortifié au premier plan, l'église, les bâtiments des frères, des hôtes, le réfectoire, le chapitre, et autour, les corps de ferme.
Sous un aspect homogène, on trouve un ensemble de constructions disparates allant du Xe au XVe siècle, une tour de refuge, ouvrage militaire le plus important de la Provence à l'époque de sa construction qui sera peu à peu agrandie et transformée en monastère. On ne peut établir avec certitude l'histoire de la construction du bâtiment à cause des nombreuses transformations et restaurations effectuées au cours des siècles.Début de la construction d'une première tour de refuge vers 1073 par l'abbé Adalbert II.
Au XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle, construction d'une grande tour carrée au sud-est dont les murs sont très épais et qui prend en pince la première tour :
Construction d'un troisième corps de bâtiment au sud, sud-ouest dont les murs sont beaucoup plus fins.
Réaménagement intérieur avec construction des cloîtres, de la citerne aboutissant, dans la deuxième moitié du XVe siècle, à la transformation définitive en monastère fortifié habité en permanence par les moines et par une garnison militaire.
L'ensemble, quand il était habité par les moines, était entièrement boisé et même assez luxueux pour l'époque
Pèlerinage
Le pèlerinage à saint Honorat se développa à partir du
XIIe siècle et fut extrêmement populaire en Provence jusquà la Révolution.1
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1. Chapelle saint Porcaire
2. Chapelle saint Pierre
3. Chapelle saint Caprais
4. Cloître
La pratique de ce pèlerinage aux sept chapelles se trouvant sur le pourtour de lîle est largement attestée ; il se déroulait traditionnellement entre lAscension et la Pentecôte. Raymond Feraud, qui fut moine au début du XIVe siècle, composa en vers provençaux une vie légendaire de saint Honorat qui est un des plus beaux écrits en cette langue et qui influença durablement la piété populaire. Le pèlerinage à La Baume-Saint-Honorat dans le massif de lEsterel trouve sa source dans cette vie.
En 1366, Lérins est placée sous la dépendance de Saint-Victor-de-Marseille.
Toujours au XIVe, les moines de Lérins réclamaient le titre de domini en guise de l'appellation de fratres. Puis les papes d'Avignon commencèrent à prélever leur droit sur les ressources de l'abbaye sans réussir à l'appauvrir. Depuis le VIe siècle, Lérins avait été rattachée au diocèse d'Antibes, dont la résidence épiscopale fut transférée à Grasse en 1244.
- Une troisième et dernière période commence pour le monastère de Lérins au
- XVe siècle. Depuis 1464, l'abbaye était devenue la proie d'abbés commendataires. L'un d'entre eux, Auguste de Grimaldi, renonça aux pouvoirs, mais non aux revenus de sa dignité, en affiliant le monastère aux bénédictins, connus plus tard sous le nom de bénédictins du Mont-Cassin. C'est alors que Denys Faucher d'Arles tenta de créer à Lérins un centre d'études humanistes. Mais, comme Grimaldi, en qualité de seigneur de Monaco, tenait pour Charles-Quint contre François ler, le monastère de Lérins fut pillé par le connétable de Bourbon en 1524, et donné en commende par François 1er au cardinal de Bourbon d'abord, puis à Jean du Bellay. Au siècle suivant, Mazarin la posséda.
Finalement, l'évêque de Grasse parvint, à force d'intrigues, à s'assurer la disposition de 1'abbaye ( 1732 ) qui fut ensuite ( 1752 ) transférée à l'évêque de Digne. En 1788, elle fut sécularisée et, en 1791 , vendue aux enchères pour 37.000 livres. L'église fut rendue au culte en et desservie par des religieux de Saint-Pierre à Marseille.
En 1859, Mgr Jordany, évêque de Fréjus, rachète l'île et rend l'église au culte. Il demandera peu après à Dom Barnouin, le restaurateur de la vie monastique cistercienne à Sénanque, de rétablir une communauté sur l'île. Les premiers moines arriveront le 28 novembre 1869 et Dom Barnouin, très impressionné par le long passé d'histoire monastique et de sainteté de l'île, y transférera le siège de sa Congrégation en 1872. La Congrégation cistercienne de l'Immaculée Conception fondée par Dom Barnouin comporte aujourd'hui, en plus de l'abbaye de Lérins, la communauté de Sénanque en France ainsi qu'un monastère au Québec et un autre au Viêt-nam. Elle comporte aussi un monastère de moniales à Castagniers près de Nice qui devrait normalement se transférer sur l'île. Un prieuré est en cours de fondation en Italie dans le Piémont.
La communauté monastique comporte aujourd'hui environ trente moines de 25 à 90 ans et de plusieurs nationalités, comme du temps du fondateur.
Sources :
- http://www.abbayedelerins.com/start.htm
- http://www.lodace.com/histoire/objet/lerins.htm
- http://www.lodace.com/histoire/objet/vicmar.htm
- http://www.gym-hip.org/fr/pers/pollath/cote18.htm
- http://www.mairie-le-cannet.fr/LeCannet/Tourisme/Histoire/histoire.html