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ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE |
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-ABBAYE
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-ART OTTONIEN |
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- Abbatiale Saint Pantaléon
- de Cologne
- Westphalie
- Allemagne-
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Saint-Pantaléon de Cologne (Köln), massif
occidental (westwerk), intérieur du westwerk, plans au
sol et en élévation de l'église.
- Frère cadet et grand chancellier d'Otton Ier, mais
aussi archevêque de Cologne, en charge du duché
de Lorraine, Bruno (ou Brunon, 925-965), est un homme de grande
piété qui vécut sa vie au travers des institutions
ecclésiastiques et monastiques. C'est lui qui fonda le
monastère de Saint-Pantaléon de Cologne (Köln),
dans le land de Rhénanie du Nord-Westphalie actuelle,
vers 953/955, où il avait installé des moines de
Corvey, en même temps qu'il fit bâtir la collégiale
Saint-Patrocle de Soest, en Westphalie aussi, presque jumelle
de Saint-Pantaléon, par sa structure (en particulier,
nef sans collatéraux) et ses dimensions. L'érection
de l''abbatiale se fit à partir d'une église primitive,
sans doute paléochrétienne, dont nous avons des
traces archéologiques, qui fut détruite par les
Normands en 881, où était déjà révéré
saint Pantaléon, médecin célèbre
et martyr, dont l'empereur romain Maximien-Galère voulut
à son service, mais qu'il finit par faire décapiter
en 303 après de multiples et atroces tortures, dénoncé
comme chrétien par des médecins jaloux, alors qu'il
avait été converti à la nouvelle religion
par le prêtre Hermolaüs.
Saint-Pantaléon, plan au sol
de l'église primitive
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- De ce monastère, il nous reste l'abbatiale
érigée grâce à un legs de Bruno, et
qui fut consacrée en 980. En 984/990 étaient achevés
choeur et nef, et vers 1000/1005, le massif occidental (westwerk),
qui nous vient tout droit des Carolingiens, il suffit de le comparer
à celui de Centula
(Saint-Riquier) ou plus encore, de Saint-Etienne
de Corvey, dont la parenté est frappante.
- De la réalisation ottonienne, il nous
reste cet imposant westwerk à l'ouest, le croisillon Nord
du transept à l'est et les murs latéraux de la
nef au centre.
- Comme tous les édifices ottoniens,
son architecture prend sa source, nous l'avons évoqué,
dans le passé carolingien et antique, et certains historiens
de l'art ont pensé tout particulièrement ici à
l'Aula Palatina (Hall Palatin, litt. "salle du Palais")
de Trèves, édifiée par l'empereur Constantin
en 306, vaste salle d'accueil des ambassadeurs et des hôtes
de marques et devenu le palatium* des comtes francs : 67 m
de long, largeur 27 m, hauteur 30 m, murs de 4.30 m à
7.70 m... de large !
- * palatium : palais. Le mot vient du Mont Palatin
de Rome, où les riches romains se faisaient construire
de somptueuses villas (villae).
Aula Palatina, Trèves,
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- Bruno connaissait bien l'édifice,
lui qui avait été élevé à
l'école cathédrale d'Utrecht, puis de Trèves,
et cette salle palatine, bien que bâtiment civil, peut
avoir sérieusement inspiré Bruno dans le projet
de son abbatiale. Par sa vaste nef unique, qui pouvait accueillir
un grand nombre de fidèles et recevoir une lumière
qui n'était pas arrêtée par des colonnes
ou des murs, par son toit en charpente, son abside semi-circulaire,
son transept très bas : Cette dernière particularité
se retrouve surtout en Belgique et en Meuse, dans des édifices
du premier tiers du XIe siècle, par exemple à Saint-Denis
de Liège ou à Wessem, ou encore à l'abbatiale
( puis collégiale, puis paroissiale) de Saint-Hadelin
de Celles (aussi Celles-lez-Dinant, images 1 à 3),
près de Dinant ou à l'ancienne abbatiale Saint-Pierre
de Hastière-par-Delà (1033-1035, image 4 à 5), en pays Mosan (ici, Wallonie actuelle), alors partie
de l'Empire Ottonien, mais, nous l'avons signalé, avec
le grande indépendance conférée alors au
diocèse de Liège, à cheval sur la Francie
et la Germanie, ce qui se voit dans les emprunts à la
romanité et au style préroman germanique du style
mosan (plafond plat du vaisseau, tour massive, arcatures aveugles)
:
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- Abbatiale de Celles-lez-Dinant,
vue générale, chevet et crypte (IXe s)
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- Abbatiale d'Hastière-par-Delà,
vue du sud-ouest, nef vue vers l'ouest.
- Ce type de transept bas est apparu vers l'an
mille, remplaçant l'ancien modèle de nef continue
à croisillons écartés. Le nouveau modèle
se distingue par une croisée irrégulière,
barlongue (plus longue que large) du transept, souvent plus étroit
que la nef, formée de quatre arcs doubles d'encadrement
dont ceux du Nord et du Sud, correspondant aux croisillons, sont
alors bien réduits en élévation. A cet égard,
Saint-Pantaléon est à rapprocher, à Cologne
même, de l'église Saint-Séverin, achevée
vers 1043 (à partir d'une église carolingienne).
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- Sources :
- - Au seuil de l'art
roman , L'ARCHITECTURE OTTONIENNE, de Louis Grodecki,
- éditions Armand
Colin, 1958
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- http://www.uky.edu/Classes/A-H/323/restricted/pitches/St.Pantaleonpitch.htm
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- Images :
- Saint-Pantaléon :
- http://www.thais.it/architettura/romanica/schede/scm_00031_uk.htm
(westwerk)
- http://hvanilla.web.infoseek.co.jp/koeln/koeln4.html
- http://www.pantaleon-koeln.de/Galerie/galerie.html
(collatéral)
- http://www1.ndr.de/ndrde/ndrde_pages_magnifier/0,3171,OID459262_CON459648_POS4,00.html
(aula palatina)
- http://www.thais.it/architettura/romanica/schede/scm_00031.htm
- http://www.amdg.easynet.be/sankt/hadelin.html
(celles)
- http://webhome.iprimus.ca/1300867/pages/Europe%202003/Belgique.htm
(hastière, celles-crypte)
- "Au seuil..". de L. Grodecki, voir plus haut (Hastiere-nef)
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