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ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE - ABATTOIR Boucherie
---Ressources humaines
- Le personnel
- Malaise social
Le Personnel
Extraits du CODE DE CONDUITE POUR L'ABATTAGE DES ANIMAUX, annexe de la RECOMMANDATION N° R (91) 7, DU COMITÉ DES MINISTRES AUX ETATS MEMBRES SUR L'ABATTAGE DES ANIMAUX (adoptée par le Comité des Ministres le 17 juin 1991 à la 460e réunion des Délégués des Ministres) :I. Personnel
I.1. Qualifications
Le personnel chargé du déchargement, de l'acheminement, de l'hébergement, des soins, de l'immobilisation, de l'étourdissement et de la saignée joue un rôle primordial dans le bien-être des animaux. Pour cette raison, il doit être en nombre suffisant, patient, réfléchi, compétent, formé et connaître les dispositions énoncées dans le présent Code de conduite ainsi que celles de la législation nationale.
Exemple de fiche de concours de recrutement de boucher abatteur :
BOUCHER ABATTEUR RESPONSABLE DE L'ABATTOIR.
- Corps:
Technicien de la Recherche- Concours:
TR104- Intitulé du concours:
BOUCHER- Resumé du profil:
BOUCHER ABATTEUR RESPONSABLE DE L'ABATTOIR.- N° de BAP:
1- Libellé BAP:
TECHNIQUES D'EXPERIMENTATION DU MATERIEL VIVANT OU
D'INTERET AGRONOMIQUE- Département:
PHYSIOLOGIE ANIMALE- Unité:
UNITE COMMUNE D'EXPERIMENTATION ANIMALEMissions:
- Agent responsable de l'abattoir utilisé par les unités du Centre
- Abattage de différentes espèces animales : bovins, ovins, caprins,
porcs, lapins
- Prélèvement ou dissection de différents organes : sang, muscles,
organes digestifs, organes génitaux, cerveau, glandes endocrines.
- Conditionnement des carcasses, découpe, commercialisation
- Tenue des cahiers d'abattage.Réseau de relations:
- Enregistrement des demandes d'abattage pour les
unités, étude de la faisabilité et des priorités.
- Recherche des clients pour commercialisation après
passage des services vétérinaires.
- Un directeur scientifique est responsable du service
abattoir.Contraintes:
Permis de conduire VL/PL.
Manipulation des animaux (bovins, ovins, caprins, porcs, lapins).Compétences:
BTA ou équivalent.
Agent expérimenté, connaissant l'abattage de différentes
espèces animales.
Autonomie, prise de décision, sens des relations humaines,
connaissance de l'anatomie des mammifères.Contrôle
La direction de l'abattoir et les autorités vétérinaires compétentes doivent s'assurer que le personnel de l'abattoir remplit sa tâche conformément aux principes de protection des animaux. Le personnel doit si nécessaire suivre une formation continue ou être remplacé.
Comportement des animaux
Le personnel devrait être expérimenté en matière de maniement et d'acheminement des animaux d'élevage et comprendre leur comportement.
Le comportement des animaux individuels ou des groupes d'animaux varie quelque peu suivant leur race, sexe, âge et la manière dont ils ont été élevés. Malgré ces différences, les comportements suivants qui se manifestent toujours dans une certaine mesure chez les animaux d'élevage, devraient être pris en considération.Manutention des animaux
Le déplacement et la manutention des animaux de boucherie durant le déchargement et l'attente doivent s'effectuer de façon à incommoder ou énerver l'animal le moins possible.
Une des principales causes de la cruauté envers les animaux de boucherie provient de l'impatience manifestée par les employés devant leur indocilité à passer d'un endroit à un autre. Cette impatience se transforme en frustration et ce sont les animaux qui en écopent. Les contraintes de temps imposées pour le chargement ou le déchargement des animaux ou la nécessité de faire entrer assez d'animaux dans la cage d'étourdissement pour suivre le rythme de la chaîne d'abattage l'emportent en général sur le souci de
bien traiter les animaux.Pour que les animaux passent facilement d'un endroit à un autre, il faut faire de son mieux pour éliminer les obstacles qui gênent leur déplacement. Par conséquent, la façon dont les installations et le matériel sont aménagés est de toute première importance.
Le temps alloué pour le déplacement des animaux est un autre aspect très important. Comme on l'a souligné plus haut, les employés qui sont constamment pressés par le temps seront plus portés à avoir recours à des moyens inacceptables de persuasion pour faire avancer les animaux. Si les installations sont trop petites, mal conçues ou mal équipées, le temps accordé aux déplacements doit être adapté à la situation. Les employés qui ne parviennent pas à faire arriver à temps, les animaux à un endroit donné, sans que cela soit de leur faute, ne devraient pas être blâmés.
Extraits du CODE DE CONDUITE POUR L'ABATTAGE DES ANIMAUX, annexe de la RECOMMANDATION N° R (91) 7, DU COMITÉ DES MINISTRES AUX ETATS MEMBRES SUR L'ABATTAGE DES ANIMAUX (adoptée par le Comité des Ministres le 17 juin 1991 à la 460e réunion des Délégués des Ministres) :
III.4. Instruments servant à guider
Lorsqu'il s'avère nécessaire d'avoir recours à des instruments, tels que bâtons, cravaches ou aiguillons, ils ne doivent être utilisés que pour guider les animaux. Les restrictions suivantes devraient s'appliquer à leur utilisation:
III.4.1 Instruments - Des instruments ne doivent pas être utilisés s'ils causent des douleurs ou des souffrances inutiles aux animaux.
En particulier, des instruments ne doivent pas être utilisés sur les parties du corps particulièrement sensibles.
III.4.2 Aiguillons - Les aiguillons à décharge électrique devraient être fabriqués de façon à causer le moins de désagrément possible aux animaux; ils doivent être conçus de façon à ce que les décharges ne durent pas plus d'une demi-seconde. Ils ne peuvent être utilisés que sur l'arrière-train des bovins de plus de 6 mois et des porcs, le plus parcimonieusement possible, et uniquement sur l'animal qui refuse d'avancer alors qu'il a toute liberté pour le faire. Tout effort devrait être fait pour éviter l'utilisation des aiguillons.
III. Acheminement, maniement et déchargement
L'acheminement, le maniement et le déchargement des animaux à l'intérieur de l'abattoir doivent être effectués avec soin. La persuasion, lorsqu'on y a recours, devrait être le minimum nécessaire pour atteindre le résultat voulu.
Il est important de tenir compte des considérations suivantes :
III.1. Acheminement
III.1.1 Attitude - Les erreurs les plus fréquentes chez les personnes inexpérimentées qui s'occupent des animaux sont d'essayer de les faire avancer trop rapidement et en trop grand nombre. Les animaux doivent être maniés avec calme, car ils se laissent probablement mieux guider ou conduire de cette façon plutôt que dans un état d'excitation; et cela causera moins de stress aux animaux et au personnel.
III.1.2 Voie libre - Avant de tenter de faire avancer les animaux, il est nécessaire de s'assurer que la voie est facilement perceptible par l'animal et libérée de tout obstacle.
III.1.3 Conduite - Pour acheminer les animaux, il faut utiliser leur instinct grégaire et inciter d'abord l'animal de tête. En cas de besoin ils devraient être conduits individuellement. On peut utiliser, si nécessaire, un portail sur roulettes/panneau de rabattage ou tout autre moyen approprié conforme aux dispositions du Chapitre III.4.
III.2. Maniement
Les gestes qui peuvent effrayer, blesser ou agiter les animaux doivent être évités. Les pratiques suivantes ne sont pas permises :
III.2.1 Violence - On ne doit jamais avoir recours à la violence. En particulier, les animaux ne doivent jamais être frappés sur, ou poussés par, les parties du corps particulièrement sensibles. Il est interdit d'écraser, de tordre ou de casser la queue des animaux, de les saisir aux yeux, de les tirer par les oreilles et de leur appliquer des coups sans ménagement ou des coups de pied.
III.2.2 Soulèvement - Il est interdit de soulever les animaux par la tête, les cornes, les pattes, les pieds, les oreilles, la queue ou la toison, sauf en cas d'extrême urgence.
(...)
VI.2.1.2 Personnel - Les personnes procédant à l'abattage doivent s'assurer
a) que l'animal est adéquatement immobilisé;
b) que l'équipement qu'elles utilisent est bien entretenu et employé conformément aux recommandations du fabricant relatives en particulier à la force de l'instrument ou du projectile en rapport avec l'espèce et la taille de l'animal ;
c) que l'instrument est appliqué aux endroits indiqués dans les diagrammes.
En outre, ces personnes doivent savoir reconnaître si un animal n'est pas correctement étourdi et doivent prendre les mesures appropriées.
VI.2.1.3 Minutage - La direction de l'abattoir doit s'assurer qu'aucun animal ne soit étourdi si la saignée ne peut avoir lieu sans délai.
Aucun animal ne devrait être conduit dans la zone d'abattage si la personne chargée de l'abattage n'est pas prête à l'étourdir.
VI.2.1.4 Positionnement - Les instruments mécaniques d'étourdissement devraient être appliqués aux endroits indiqués dans les diagrammes.
VI.2.2.1 Personnel - Les personnes procédant à l'étourdissement électrique doivent s'assurer
a) que l'animal est adéquatement immobilisé de préférence en évitant que les pieds touchent le sol;
b) que l'équipement employé est bien entretenu et utilisé correctement et conformément aux instructions des fabricants.
Malaise social
France - Articles du Télégramme de Brest :
Grève illimitée à l'abattoir Simovia ( 7.05.98 )
Les salariés réclament une hausse des salaires
Depuis hier midi, comme leurs collègues de la société de transformation de porcs Sodevia à Pluguffan, près de Quimper, les 40 salariés de l'abattoir Simovia (zone de Keriven à Saint-Martin-des-Champs) sont en grève illimitée. Leurs revendications : hausse des salaires et amélioration des conditions de travail. « Il y a beaucoup de petites choses qui font qu'on en a ras-le-bol ». Vraiment pas de gaieté de cur, tous les salariés de Simovia ont entamé une grève illimitée hier à midi pile, à l'issue de leur journée de travail. Ils ont ainsi emboîté le pas aux 140 salariés de Sodevia (Pluguffan), société-soeur, propriété elle aussi de la famille Bordiec. Les abattoirs de la zone de Keriven abattent 780 porcs par jour. L'usine de Pluguffan assure le désossage et le conditionnement de la viande. Les deux sociétés sont actuellement en vente.
Sur les deux sites, les revendications sont les mêmes : « Rattrapage de 5 % des salaires, paiement des heures supplémentaires, création d'une prime d'assiduité existante à Pluguffan mais inexistante à Keriven, création d'une prime de panier, amélioration des conditions de travail ».
A la Simovia, seule la CFDT est présente : deux tiers des salariés sont adhérents.
« Matériel vétuste et dangereux »
Côté salaires, le délégué du personnel, Jacques Guinamant, déplore qu' « aucune augmentation n'ait été accordée en 1996 et 1997». Après 24 ans d'ancienneté dans cet établissement, qui remplaça en 1970 l'abattoir municipal de la rue de Callac, cet abatteur touche le SMIC. « Les contrats signés actuellement sont des contrats de 35 h payés 35 au SMIC. A la fin du mois, les gens touchent 4.600 F. Il n'y a pas de 13e mois ».
Au-delà de leur situation financière, les salariés en grève mettent surtout en avant leurs conditions de travail et les relations sociales dans l'entreprise. « Le matériel est vétuste et dangereux », constate Jacques Guinamant. « Certaines semaines, on déplore jusqu'à huit accidents du travail. Même les intérimaires ne veulent pas rester. »
« Non-affichage des consignes de sécurité, bouts de plafond qui tombent, casques anti-bruits inefficaces, réfectoire non-isolé... On est moins bien traité que les cochons », n'hésitait pas à lancer hier un abatteur. « Les seuls travaux de mise aux normes réalisés depuis dix ans l'ont été suite à une mise en demeure de la direction des services vétérinaires », ajoute Jacques Guinamant.
Dialogue au point mort
A Keriven, la représentation du personnel se limite à un poste de délégué du personnel. Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) n'a été mis en place qu'en mars dernier. C'est donc à Pluguffan, où les 140 salariés sont également en grève, que représentants du personnel et direction doivent trouver un terrain d'entente. Hier, le dialogue était au point mort.
Le président du conseil d'administration des deux sociétés, Gilles Bordiec, se refusait hier soir à tout commentaire. Pour les salariés de Simovia, le mouvement de grève commence réellement ce matin.
Samuel Petit
Abattoir GAD . Conflit dans l'impasse
Statu quo dans le conflit qui oppose, 150 salariés (sur 950) à la direction de la SA Louis Gad, une entreprise d'abattage et de découpe de porcs basée à Lampaul –Guimiliau (nord-Finistère). Ils réclament une augmentation de salaire de
250 francs, une prime d'intéressement de 1.000 francs et la levée de toutes les sanctions prises à l'encontre du personnel. Ils protestent, par ailleurs, contre les conditions de travail jugées " d'un autre âge
".
Le conflit avait débuté jeudi suite à l'échec des négociations salariales annuelles.
Hier, la journée a été ponctuée par un jugement en référé du tribunal de Morlaix, qui ordonne de libérer l'accès de l'usine, sous astreinte de 3.000 F par jour de retard applicable à chacun des grévistes, qui ont décidé, dans un premier temps, de suspendre le blocus de l'usine.
En fin d'après-midi, un nouvel incident – le départ inopiné du directeur des ressources humaines, jugé méprisant, a fait monter la colère. Hier soir, les salariés s'apprêtaient à passer leur troisième nuit devant l'usine
Canada
1 ) article publié par : http://www.csn.qc.ca/CVCUhtml/Olymel.html
Comment faire comprendre aux employeurs dans les abattoirs qu'il y a des limites à ce qu'un être humain peut supporter? <<Leur principe, c'est que si tu tiens le coup une journée, t'es capable tout le temps; mais si un moteur, ça s'use, qu'arrive-t-il avec une personne?, demande Marc Vachon, président du syndicat. Une étude américaine a démontré qu'après 25 ans dans un abattoir, un gars de 45 ans est usé comme s'il en avait 65...>>
Par exemple: l'an passé, les travailleurs abattaient et découpaient 475 porcs à l'heure. L'employeur a dû se dire que s'ils étaient bons pour 475, ils l'étaient aussi pour 520. Et ensuite que s'ils étaient bons pour 520... Résultat: aujourd'hui, ce n'est plus 520, mais bien 580 porcs à l'heure qui passent entre les mains des abatteurs, les mêmes abatteurs, pas plus nombreux!
<<S'ils voulaient ajouter du personnel, ils ne le pourraient pas, reprend Marc. À l'abattage, les gars sont tassés les uns sur les autres. Ils ne peuvent pas bouger. Ils travaillent debout sur un plancher de ciment, sans aucune chance de se dégourdir les jambes...>> Pour les soulager un peu, il leur faudrait un banc. Mais où le placer? À l'abattoir de Vallée Jonction, ce ne sont pas les idées qui manquent, c'est l'espace...
Si, au moins, ils avaient des couteaux qui coupent! <<Travailler avec ces couteaux-là, c'est comme scier du bois avec un couteau à pain!, dit l'un d'eux. Quand ton instrument travaille mal, tu dois forcer deux fois plus avec l'épaule, le bras, le dos.>> Un geste forçant qu'ils font et refont toute la journée, à une cadence folle.
À l'abattage et à la coupe, les lésions sont multiples. L'un a été opéré dans les épaules, l'autre dans les poignets; celui-ci a dû arrêter pour soigner une bursite, celui-là une épicondylite; etc.
Au tout début de la chaîne, les problèmes sont d'un autre ordre. <<Quand tu travailles dans l'étable, où les bêtes arrivent, tu as toute la journée dans les oreilles le cri strident des porcs qui ont peur. C'est épouvantable. Ça use les nerfs, ça rend fou...>>
Juste l'autre côté de la porte, un autre poste ingrat: le saigneur. Les gens y restent deux à trois ans au maximum; dans l'usine, on compte une dizaine d'anciens saigneurs. Le travailleur voit arriver les porcs, un à un, sur le convoyeur. Ils hurlent avant d'être assommés mécaniquement et tomber devant lui. Ça prend un geste précis pour atteindre le vaisseau, le trancher d'un coup sec, faire jaillir le sang. <<Tuer 580 bêtes à l'heure, comme ça, et voir du sang toute la journée, ça finit par jouer sur le moral...>>, dit Marc Vachon.
Tout ça, c'est sans compter la température! Dans la salle de coupe, elle oscille autour de 38 à 40°F. Les portes s'ouvrent régulièrement. Les travailleurs sont exposés aux courants d'air. Ils gèlent des pieds, ont des torticolis, des grippes à répétition.
S'ils travaillent au début de l'abattage, alors là, c'est le problème de l'humidité; sitôt saignés, les porcs sont plongés dans un bassin d'eau à 142°F et il faut les repêcher.
D'une façon comme de l'autre, les rhumatismes et l'arthrose les guettent. <<On essaie d'éliminer les problèmes à la source, dit Marc Vachon. Parce que les gars vieillissent. Sinon, à quels postes les mettrons-nous quand ils auront tous des incapacités?>>
2) Article publié par : www.csn.qc.ca/Pageshtml15/Flamingo448.html
Une bataille rangée s'annonce entre la CSN et la Coopérative fédérée de Québec, la plus importante entreprise agro-alimentaire québécoise. Après des années de privations, les 560 employés de ses usines d'abattage de poulets Olymel-Flamingo de Berthierville et de Joliette ont déclenché la grève générale, le 28 octobre, pour améliorer leurs conditions de vie.
Deux jours après le début de la grève, la division Olymel-Flamingo a confirmé son intention de fermer son abattoir de Joliette, qui emploie 270 syndiqués, "le ou vers le 31 janvier 1999". La partie patronale exige une diminution de la masse salariale de l'ordre de 2,50 $ l'heure, ou une baisse de 17,5 pour cent. Or, au cours des cinq dernières années, les employés des deux abattoirs de poulet ont obtenu une augmentation de salaire totale d'à peine 4/10 de un pour cent, alors que leur pouvoir d'achat a chuté d'environ cinq pour cent. Non seulement les travailleuses et les travailleurs ne veulent-ils pas encaisser de baisse de salaire, mais ils revendiquent des augmentations raisonnables: l'indexation de leur salaire plus une hausse d'à peine un pour cent par année pour chacune des deux années de la convention collective.
La retraite avant d'être usé
Souvent embauchés à la fin de l'adolescence, plusieurs des employés d'abattoirs cumulent aujourd'hui plus de 20 ans de service. Arrivés à la quarantaine, ils comptent déjà une bonne vingtaine d'années d'expérience dans un milieu de travail extrêmement pénible. Les écarts de température sont importants: on passe de températures extrêmement chaudes à des températures extrêmement froides, été comme hiver. Le travail est répétitif de 70 à 80 pour cent. On abat 8500 poulets à l'heure. On se retrouve avec des tendinites, des épicondylites, des syndromes du tunnel carpien, etc.
"La santé et la sécurité au travail demeurent une des grandes priorités des syndicats CSN. D'autres mesures peuvent également contribuer au mieux-être des employés. Un fonds de pension pourrait permettre à ces employés d'Olymel-Flamingo d'accéder à la retraite avant d'être complètement usés et de ne plus pouvoir jouir un tant soit peu de la vie!", a affirmé le vice-président de la CSN, Marc Laviolette, en conférence de presse à Joliette, le 4 novembre.
Ce n'est pas une question de salaire!
La Coopérative fédérée justifie sa demande de réduction de salaire en invoquant la réduction des coûts de production et de la compétitivité. Pourtant, la masse salariale totale des employés des abattoirs du Québec ne représente que dix pour cent des coûts de production en 1998 et cette proportion est constante depuis cinq ans.
Avec un salaire de 15 $ l'heure, les syndiqués des abattoirs Olymel-Flamingo sont loin d'être privilégiés. Leurs salaires ne sont pas supérieurs à ceux payés dans tous les abattoirs au Canada. Les employés de certains concurrents d'Olymel-Flamingo reçoivent des salaires supérieurs.
Il est réducteur de considérer, comme le fait la Coopérative fédérée, que le niveau des salaires constitue le principal indicateur de la compétitivité d'une entreprise. Au contraire, la force compétitive d'une entreprise est déterminée par un ensemble de facteurs dont la technologie et l'organisation du travail, l'innovation et le développement de nouveaux produits, la capacité d'exporter, etc.
Bonnes années financières
De plus, entre 1993 et 1998, la Coopérative fédérée de Québec a connu de bonnes années financières. Son chiffre d'affaires a augmenté de 20 pour cent, passant de 1,5 milliard $ à 1,8 milliard $. Son excédent avant ristournes et impôts a quadruplé, passant de 5,2 millions $ en 1993 à 20,4 millions $ en 1998. Au cours des trois dernières années seulement, l'excédent avant ristournes et impôts a été de plus de 52 millions $.
Ajoutons qu'il se mange de plus en plus de volaille: la consommation du poulet a augmenté de 20 pour cent au cours des dix dernières années. Et de 1993 à 1998, selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, le prix d'achat du poulet vivant par les abattoirs a connu une hausse de 5,6 pour cent, passant de 1,16 $ à 1,23 $ le kilogramme. À l'autre bout de la chaîne de distribution, le prix payé par les consommateurs aux détaillants pour un poulet entier a augmenté de 3 pour cent au cours de la même période, grimpant de 3,93 $ à 4,05 $ le kilogramme. Mais au milieu de la chaîne, les abattoirs vendent, en 1998, le poulet entier aux grossistes au même prix qu'en 1993, soit 2,51 $ le kilogramme.
Le problème de l'industrie avicole, une industrie en croissance et en voie de stabilité, n'en est donc pas un de salaire. "Le problème de cette industrie concerne l'ensemble de ses composantes et il doit être solutionné à l'endroit approprié", selon le vice-président de la CSN.
"La réduction des coûts de production et l'amélioration de la performance d'Olymel-Flamingo ne se fera pas sur le dos des travailleuses et des travailleurs de ses abattoirs de Berthierville et de Joliette. C'est toute la CSN qui appuie leur lutte", a assuré Marc Laviolette.
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