vers page d'accueil du site

ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
vers menu de l'article ABATTAGE
ABATTAGE
 
 
Sylviculture
 
-
-DEFORESTATION---
-


 


La déforestation



Nous nous devons d'exposer ici une réalité complexe, dont les facteurs sont multiples, corrélatifs, interactifs aussi, et qui fluctuent dans le temps et dans l'espace. Bien entendu, il ne s'agira pas ici de faire un exposé complet de la question, mais d'en voir les aspects dont notre sujet, l'abattage des arbres, est une des composantes.


Quel est le nombre d'hommes dont la subsistance dépend des cultures issues du défrichement des forêts? On ne le sait exactement, mais les spécialistes l'estiment au moins à 500 millions, soit 1/12e de la population mondiale. Au rythme d'un milliard d'hommes nouveaux sur la terre tous les dix ans, il va s'en dire que le besoin de nourriture, d'eau, d'énergie, de logement, est sans cesse croissant. Cette forte poussée démographique concerne surtout les pays en développement, là où sont justement concentrées, nous l'avons dit plus haut, les 2/3 des forêts tropicales, des régions du globe où les populations utilisent le bois de manière vitale.


Dans ces régions, en effet, le bois est utilisé pour chauffer la nourriture et se chauffer soi-même : c'est
bois de feu (bois de chauffage), qui représente de loin la plus grande part de la déforestation, et dont le volume s'amenuise chaque jour un peu plus, pour différentes raisons. Le grand dénuement des populations concernées en est un facteur essentiel. C'est elle qui empêche les populations des forêts tropicales d'accéder aux énergies fossiles dont le coût est hors de leur portée, et alors que le bois des arbres abattus pour se chauffer est totalement gratuit. D'autre part, c'est la pauvreté qui pousse nombre de citadins, réduits à la misère, à s'éloigner des villes et à défricher les forêts. Ces hommes et ces femmes des ces pays ont en commun d'être souvent analphabètes, de santé précaire, en particulier pour cause de malnutrition chronique. Ils ont ainsi, peu de perspectives d'emploi, hors ceux des cultures vivrières. Espérant une condition meilleure, certains colonisent des forêts pour les défricher et, dans la plupart des cas, pratiquent ce qu'on appelle une culture itinérante (culture itinérante sur brûlis ou, tout simplement, culture sur brûlis ) ou bien encore de l'élevage, pratiqué aussi, mais de manière autrement intensive, par de gros propriétaires terriens, par les gouvernements ou les multinationales. Si les habitants depuis toujours de la forêt connaissent intimement la forêt et savent la protéger, les autres peuvent lui faire subir de mauvais traitements, que ce soit en colonisant un espace dont ils ne connaissent rien, ou par profit pur et simple.


En tout sens, donc, des forces se conjuguent à faire mourir les forêts et se renforcent par la construction des routes qui amènent de plus en plus profondément hommes et matériel, et qui sont parfois de véritables plaies ouvertes pour la forêt. Les engins continuent leurs dégâts dans les différentes opérations de défrichement et l'abattage des arbres eux-mêmes ne se fait pas sans abîmer la nature qui les entoure : voir chapitre
Autour de l'abattage.

Ces agressions se poursuivent en cascade par voie de conséquence : Les terrains laissés en friche perdent leur fertilité, sont attaqués par l'érosion et la disparition des arbres menacent l'écosystème, car les espèces vivantes, qu'elles soient animales ou végétales, qui vivaient jusque-là en symbiose avec la forêt, disparaissent ou sont menacées de l'être. Ce dernier aspect de la question nous montre bien que les enjeux de la déforestation ne concernent pas seulement les pays abritant les forêts abbatues, mais bien toute la planète, pour les problèmes climatiques ou écologiques qu'ils engendrent, parfois de manière irréversible.

"La désertification, particulièrement en Afrique et en Asie, a contribué à la déforestation également par la dégradation des terres dans les climats plus secs. Elle touche de 3 000 à 4 000 millions d'hectares, soit environ un quart de la surface émergée du globe, par suite de culture à outrance non viable, de surpâturage, de coupe abusive des arbres et des arbustes, ainsi que de la mauvaise gestion des eaux sur les terres irriguées"

texte extrait du site : http://www.rcfa-cfan.org
 

 
 
 
-----