ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

- ABATTAGE
 

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Abattage des animaux menacès--

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L'abattage des animaux menacés

 

Le commerce


L'abattage sauvage d'animaux pour leur commerce met en péril, comme nous allons le voir, de nombreuses espèces animales.

130 états ont ratifié la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites), pourtant plus d'un des pays signataires sont coupables de fermer les yeux ou pire, entretenir les trafics en tout genre qui finissent, dans bien des cas, de menacer la survie de certaines espèces.
 
L'Asie (et la Chine, en particulier) est un des grands responsables dans cette affaire : La Chine fait pourtant partie des pays signataires de ladite convention, sans compter qu'elle n'est jamais rappelée à l'ordre : normal, me direz-vous, l'Europe est un client privilégié du trafic de fauves chinois, et asiatique en général.
La Chine, où les contrôles internationaux sont extrêmement difficiles, voire impossibles, importe sans doute la plus grande variété de produits animaux, issus d'abattages massifs de ceux-ci. Largement utilisatrice d'animaux, la médecine chinoise traditionnelle est, à l'heure actuelle, la principale responsable des menaces contre la faune sauvage : entre autres, rhinocéros, félins, ours, tortues, cétacés, requins, saïgas (une variété d'antilope), hippocampes, singes, pangolins (mammifères édentés et couverts d'écailles), serpents, crocodiles sont en péril. Inscrits sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la plupart font partie des espèces menacées d'extinction dont le commerce international est interdit par la Cites.
A côté de la médecine, l'artisanat et l'ornement font abattre un grand nombre d'espèces (ivoire des éléphants, des hippopotames et depuis peu des phacochères, cornes des rhinocéros, peaux de reptiles, fourrures de félins, plumes d'oiseaux, cétacés, grenouilles), ainsi que l'industrie. Le cas du chevrotain porte-musc est symbolique. La glande de cet animal, qui contient environ 25 grammes de musc, sert non seulement à la confection d'un remède des maladies du sang en Orient, mais entre aussi, en Occident, dans la composition des parfums. La France importe chaque année, en provenance de Hongkong, plusieurs kilos de musc, pour lesquels il a fallu abattre des centaines d'animaux.
 
Le Japon a pris la tête de ce grand marché sauvage. Suivent la Chine, l'Union européenne, les Etats-Unis, le Canada.
L'empire nippon est friand de thon rouge (dont 90 % de la population de l'Atlantique ouest a disparu en vingt ans), d'ivoire, de cétacés ou de tortues.
 
En Inde, le célèbre Sansar Chand défie depuis vingt ans les autorités, avec un « tableau de chasse » de plusieurs dizaines de milliers de peaux et de centaines de kilos d'os de félins protégés (tigres et léopards essentiellement).
 
Dans les années 70, l'Afrique du Sud monnayait son aide armée aux guérillas du Mozambique, de Namibie ou d'Angola en défenses d'éléphant et cornes de rhinocéros. Ce braconnage à grande échelle a fait disparaître plus de 100 000 éléphants en Angola et pratiquement exterminé les rhinocéros de ce pays et du Mozambique sans compter l'abattage, à des fins alimentaires, des hippopotames, buffles et autres ongulés, parfois jusqu'à élimination de l'espèce. Plus récemment, l'ambassade de Corée du Nord en Zambie, privée de ressources, a reçu comme consigne de son gouvernement « de se débrouiller en pratiquant le trafic de l'ivoire et des cornes de rhinocéros.
 

La surpopulation


L'évolution démographique et les prévisions économiques mettent également en danger la faune sauvage. Selon le Population Reference Bureau, un organisme indépendant établi aux Etats Unis, la population de l'Asie devrait croître de 40 % d'ici à 2025, et celle de l'Afrique doubler, passant de 720 à 1 510 millions d'habitants. Les friches sont grignotées avec une constance inquiétante au profit des cultures, des pâturages, de l'exploitation des richesses minérales et végétales. Les Etats peuvent difficilement résister aux demandes d'élimination des animaux « en surnombre ». Le parc national de l'Akagera, au Rwanda, devenu camp d'entraînement militaire du Front Patriotique Rwandais (FPR), et terre d'accueil pour 300 000 pasteurs Tutsis, avec leur bétail, devrait voir disparaître les zèbres, gazelles et antilopes qui l'ont toujours habité les rhinocéros, eux, ont été supprimés depuis longtemps. L'Afrique du Sud ne sait pas non plus comment résorber sa surpopulation d'éléphants. Tous, y compris les écologistes, cherchent des remèdes à cette autre menace pour la nature, mais une âpre bataille oppose les partisans de la destruction à ceux du déplacement ou de la capture pour les zoos.

 

Sources :

http://www.monde-diplomatique.fr/1996/09/ZECCHINI/6059.html