|
|
|
||||
ABAQUE |
|||||
|
|||||
|---|---|---|---|---|---|
|
|||||
- Introduction
![]()
- La querelle des abacistes (à gauche) et des algoristes (à droite), illustration de "The Ground of Artes" (Mémoire sur les Arts Libéraux) du mathématicien anglais Robert Recorde ( 1510-1558 )
- N'oublions pas, avant toute chose, que parler des abacistes au moyen-âge, c'est parler d'une caste privilégiée placée sous la haute protection de l'Eglise. Tout d'un coup, les nouvelles connaissances dont on vient de parler au chapitre précédent mettent l'arithmétique à la portée de beaucoup, menaçant et le monopole de ladite caste mais aussi sa fierté (mal placée, cela va sans dire) de posséder des secrets jalousement gardés depuis des siècles. Farouchement décidés à défendre leur bout de gras, les clercs rétifs seront appuyés par l'Eglise, déstabilisée dans son ensemble par cette effervescence intellectuelle qui bouscule sa vision du monde. L'Eglise mit donc la science et la philosophie sous protection rapprochée, et passa chaque nouveau savoir au crible de sa théologie. Certaines autorités ecclésiastiques émirent l'opinion que pour être si facile, si ingénieux, le calcul à la manière arabe devait procéder de la magie, voire du démon lui-même. Par endroits, hélas, des algoristes payèrent de leur vie cet obscurantisme acharné: Ils brûlèrent en compagnie des "sorcières" et des "hérétiques". Cette opposition acharnée à l'évidence scientifique, en l'occurrence la nette supériorité du calcul écrit par rapport au calcul sur l'abaque, demeurera par endroits jusqu'au XVe siècle et parfois d'avantage, et les algoristes étudient le calcul écrit sous le manteau, à la manière d'un code secret.
![]()
- Madame Arithmétique tranche le débat: la querelle des abacistes et des algoristes n'a désormais plus de sens. L'Arithmétique regarde, en effet, dans la direction du calculateur qui effectue ses opérations au moyen du zéro et des chiffres "arabes".
Gravure sur bois de la Margarita Philosophica de Gregorius Reisch, 1508.
- Libérée chaque jour un peu mieux de l'emprise de l'Eglise, la nouvelle science restera pourtant longtemps hors de portée du commun des mortels, à cause des complications de ses méthodes opératoires, qui ne se simplifieront qu'à la fin du XVIIIe siècle: Ce sera le meilleur argument des abacistes, preuve à leurs yeux que le calcul resterait toujours une science complexe et secrète, que les simples mortels ne pourront jamais posséder.
- source :
- http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f8/1543_Robert_Recorde.PNG
--
-