ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE -------ABAQUE------------- CALCUL
INDE
- 1) Introduction
- 2) Sur le chemin de la numération écrite
- Introduction
- Comme partout ailleurs, avant de découvrir la numération de position, les Indiens ont utilisé des moyens plus archaïques: calcul sur les doigts, mais surtout une sorte d'abaque à colonnes qui se lisait de la même manière que celui des grecs et des romains, à savoir: unités, dizaine, centaines, etc..., sauf que, contrairement à eux, les indiens employèrent leurs neuf premiers chiffres (le zéro n'était pas encore trouvé) de leur notation numérique originelle. Ils les traçaient sur du sable fin ou de la poussière au moyen d'une pointe, les inscrivant un à un dans la colonne de l'unité correspondante. Lorsqu'une unité manquait, on laissait bien sûr, la colonne vide. La méthode d'opérer passait par l'inscription de tous les calculs intermédiaires, effaçant à chaque fois ceux qui avaient permis d'arriver à une nouvelle étape. Il fallait, vous vous en douterez, connaître comme nous par cur les tables dites "de Pythagore", qui donnent les résultats des quatre opérations élémentaires sur les neuf chiffres de base.
- Sur le chemin de la numération écrite
- Comme chaque colonne de l'abaque représentait une puissance de dix, il n'y avait pas de limites à la grandeur des nombres, négatifs ou positifs. Il suffisait de tracer autant de colonnes qu'il fallait d'unités pour représenter le nombre. Cette remarque permet de comprendre que la numération possédait déjà une structure efficace, étant déjà le reflet de la représentation sur l'abaque: c'est un embryon du principe de la position décimale des chiffres. Ainsi on écrivait 7629:
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- Notons au passage que la relation très étroite ainsi établie entre la représentation des nombres sur labaque et la numération sanskrite permet de saisir par la même occasion la véritable raison dêtre de l'inversion du sens dénonciation opéré dès avant le IIe siècle av. J-C sur les expressions numériques au moyen des noms des nombres de la langue sanskrite. Tandis que les chiffres se succédaient, de gauche à droite sur les colonnes de labaque dans lordre des puissances décroissantes de dix, on en était venu à les lire dans le sens opposé en partant dans l'ordre ascendant du chiffre des plus petites unités à celui des plus grandes. Compte tenu des conditions imposées par la nature même de ce dispositif de calcul, les arithméticiens indiens navaient d' ailleurs pas eu dautre choix que dadopter le sens dénonciation des nombres et suivant "l'ankânâm vâ mato gatih", le fameux "principe du mouvement des chiffres de la droite vers la gauche". Comment, en effet, y placer correctement un grand nombre donné si la lecture avait débuté par les unités des ordres les plus élevés? A moins den déterminer à chaque fois lemplacement exact en comptant les colonnes correspondantes à partir de celle des unités simples. Doù un gaspillage de temps et une tâche assez fastidieuse. Il nexistait donc pas, dans ces conditions, quun seul repère fixe: la colonne des unités simples, par laquelle il convenait de commencer.
- On renonça donc dès lors à lancienne énonciation. En débutant par la plus grande puissance de dix, celle-ci donnait certes immédiatement au calculateur lordre de grandeur du nombre envisagé, mais elle ne facilitait pas et ne pouvait guère faciliter linscription, sur les colonnes de labaque, des chiffres successifs dun nombre ayant plus de quatre ou cinq ordres dunités.
Cest pourquoi on adopta désormais le sens inverse, dont lavantage certain était de poser, sans se tromper, n importe quel nombre, aussi grand fût-il, sur ces colonnes, et de permettre à lopérateur de suivre mentalement toutes les puissances successives de dix. Et cest justement la même raison qui, plus tard, fera conserver ce sens dénonciation lorsque sera inventée la notation positionnelle au moyen des symboles numériques.- Probablement préoccupés encore que les autres par le souci déconomie et par le
gain de temps et de place, certains arithméticiens indiens, effectuant des calculs portant sur des grands nombres, dont les résultats intermédiaires constituaient eux-mêmes des nombres très élevés, ont dû chercher à soulager leur mémoire, toujours susceptible dêtre défaillante en de pareilles circonstances. Ils ont donc posé ces résultats sur des feuilles de brouillon. Et puisquil fallait faire également léconomie du support végétal, il sagissait donc pour eux décrire plus vite et dune manière encore plus abrégée quavec la notation sanskrite, même simplifiée. Et c'est là que lon sest aperçu que les neuf chiffres brâhmî pouvaient jouer dans ce cas
le rôle de la sténographie voulue.
Mais, compte tenu de la disposition des chiffres sur labaque, il convenait
de revenir cette fois au mouvement descendant, allant des plus grands ordres
dunités jusquaux plus petits, afin de ne pas se brouiller dans les représentations chiffrées; pour les résultats des calculs effectués sur labaque, il convenait en effet dobtenir sur les colonnes la même disposition des chiffres que cette notation destinée aux feuilles de brouillon.
Et cest ainsi que le nombre en question reçut dès lors la notation suivante,
où les chiffres se succèdent de gauche à droite, clans lordre des puissances
décroissantes de dix, constituant ainsi la réplique fidèle, sans colonnes, de
la représentation correspondante sur labaque a poussière.- Doù la valeur de la position décimale qui fut désormais attachée aux
neuf premiers chiffres de la vieille notation venue du temps de lempereur
Açoka ( ou Asoka ).- On peut dire, dans une rapide conclusion, que c'est la suppression des colonnes de l'abaque qui conduisit les savants indiens à découvrir le principe de la position des chiffres.
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