ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE -ABANDON-----------Abandon d'enfant
-document annexe : Enfants abandonnés de la mythologie
- - Sargon Ier, premier roi mythique de la Babylonie vers 2650 av. J-C aurait été conçu en secret et abandonné par sa mère dans une arche de jonc (ça ne vous rappelle rien?), fermée au bitume, et lancée sur le fleuve (toujours pas?) qui l'emporta vers un certain Akki, porteur d'eau, qui le fit jardinier. Ishtar, la déesse, le prit en affection et lui fit prendre du galon, d'échanson, puis de roi.
- Vous ne trouvez vraiment pas? Vous le faites exprès, non? Cette histoire ressemble tellement à celle de...
- Moïse, qu'il est difficile de ne pas imaginer que le récit de la naissance de ce dernier se soit promené jusqu'aux oreilles de ceux qui concoctèrent le Pentateuque. En effet, selon le récit biblique (livre de l' Exode, chapitre 2), l'enfant aurait été déposé dans une nacelle au bord du Nil, probablement à Tanis, car la branche du fleuve qui y passe a un cours lent, où la sur du bébé pouvait sûrement laisser voguer sans danger la nacelle.
- Pâris. Lorsqu' Hécube, fille du roi de Thrace, Cissée, attendait Pâris, elle rêva qu'elle allait mettre au monde une torche d'où sortiraient des serpents. La vision fut interprétée de la manière suivante : l'enfant qui naîtrait d'Hécube serait responsable de la destruction de Troie. On voulut s'en débarrasser en l'exposant sur le mont Ida, où il fut recueilli et élevé par des bergers phrygiens.
- Persée, Fruit des amours de Zeus et de Danaé, ce célèbre héros de l'Argolide fut, à sa naissance, placé avec sa mère dans un coffre, par son grand-père Acrisios, et abandonné sur la mer. Pourquoi, d'après vous? Parce qu'un oracle prétendit que si sa fille avait un fils, il n'aurait plus qu'à compter ses jours. Les flots rejetèrent fille et petit-fils dans l'île de Sériphos, où il fut recueilli avec sa mère par un pêcheur.
- Cyrus le Grand, l'achéménide, fils de Cambyse et de Mandane avait été, comme Pâris, victime des oniromanciens. Son grand-père maternel, Astyage, rêva qu'une vigne poussait du sexe de sa fille et que le vin qu'elle donnait finissait par recouvrir toute l'Asie. Que voulez-vous qu'on lui dît? Si cela sort de son sexe c'est son enfant, Cyrus, et si le vin se répand partout, c'est que cet enfant assoira un pouvoir sans limite. Dans ces cas là, c'est toujours le même topo: Le roi se dépêche d'écarter le trouble-fête. Il dépêche son " premier Ministre ", Harpage, d'abandonner le bébé dans les montagnes (ça change de l'eau!) mais celui-ci ne tient pas à le faire lui-même. Il décide alors de déléguer cette macabre tâche à un pasteur esclave, Mithridate. Ce dernier l'emporte chez lui, raconte tout à sa femme qui, à la vue du bébé, craque complètement et supplie son mari de lui laisser la vie sauve. Son mari refuse en lui objectant le terrible châtiment auquel deux moins que rien subiraient s'ils enfreignaient un ordre suprême. Alors, la femme a une idée. Elle propose à son mari d'échanger leur bébé mort en couches contre ce précieux nouveau-né. Leur bébé aurait une sépulture royale, et l'adorable poupon pourrait vivre en paix. C'est ce qu'ils firent. Astyage finit par apprendre que Cyrus était vivant et s'en serait même réjoui. Cela ne l'empêcha nullement de vouloir punir Harpage de n'avoir pas obéi à ses ordres. Un jour, il fit un bon ragoût du fils de son satrape et le servit au cours d'un banquet.
Miam miam, ces gens là savaient vraiment recevoir...
- Rémus et Romulus, n'auraient jamais dû naître. En effet, Amulius, l'oncle de Rhéa Silvia (la maman des charmants jumeaux), qui a ravi le trône légitime à son frère Numitor (le papa de Rhéa Silvia) avait trouvé une astuce pour écarter tout héritier potentiel: Il avait fait de Rhéa Silvia une vestale, ce qui, par définition, la vouait ad vitam aeternam à la virginité. Mais, comme pour Jésus, il a été déposé en elle (en l'occurrence, par Mars) de divines petites graines, qui ont donné les fameux jumeaux. Amulius apprend la nouvelle et... vous imaginez la suite....hop, exposé sur les bords du Tibre. Heureusement, il y avait une gentille petite louve
qui traînait dans le coin et qui avait du lait à revendre. Pour changer, les martyrs seront élevés par des humbles (un berger et sa femme, Faustulus et Acca Larentia).
- Sémiramis était très belle. Rien d'étonnant à cela puisque sa mère, la déesse Derceto (ou Agartis) était une sirène (mi-femme, mi-poisson, donc) et son père Caystrus, qu'Aphrodite (l'Astaroth assyrienne) a jeté dans ses bras, était un jeune et bel assyrien. Splendide métissage, non? Seulement, le hic, c'est que cette union était suffisamment illégitime pour que la maman, toute honte bue, l'abandonnât avant de se suicider au beau milieu d'un lac. Fort heureusement, des colombes l'ont prise pour une des leurs (vous savez comme c'est, les colombes, toujours là pour rendre service!) et ont dérobé pour elle du lait et du fromage, parce que les bébés ont besoin de calcium, et les colombes le savent très bien. Mais, demanderez-vous, suspicieux, d'où ces miraculeux volatiles pouvaient bien tenir leurs précieux laitages? Vous le soupçonnez déjà, si vous avez bien lu les précédentes aventures, car vous savez qu'en ce temps là, que vous ne pouviez pas faire un pas sans saluer au moins un berger. Celui-ci s'appelait Simmas, il était chef des bergers royaux, et il découvrit la belle colombe cachée dans un bosquet d'acacias ( Sémiramis, Sumaramat en assyrien voulait dire "celle qui est sortie du milieu des colombes").
- dipe fut abandonné par son père, Laïos, roi de Thèbes, évidemment parce que les oracles avaient bien vu que ce petit monstre tuerait son père pour se marier avec sa mère à la moindre occasion. Il est recueilli par le roi de Corinthe, finit par apprendre un jour la malédiction et s'enfuit, preuve que ce n'était pas du tout lui le monstre mais plutôt les oracles, puisqu' en roulant dans sa fuite à toute berzingue, il renversa son père sur la route (les rois se promènent incognito dans l'antiquité, voyons!) et en répondant parfaitement aux questions pour un champion du sphinx, qui considérait Thèbes comme son terrain de jeux, il a eu droit d'épouser la reine de beauté, pardon, de Thèbes, Jocaste. Sa mère. Mais, comme ce n'était pas assez gore pour l'époque, le pauvre gars a appris toute la vérité et s'est crevé les yeux au soleil...ça ne vaut pas Shining, ça?
- - Krischna, Krishna est né au début du quatrième âge celui " des conflits ! " Comme le devin Nârada avait annoncé au cruel roi Kamsa qu'il serait un jour tué par son neveu, le méchant roi mit sa sur Devakî en captivité afin de pouvoir tuer tous ses enfants dès leur naissance.
- Les six premiers petits innocents furent mis à mort. Le septième, Balâ-râma put échapper au massacre ainsi que Krishna, le huitième enfant qui fut échangé en secret contre la fille d'un bouvier. On ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec le massacre des petits hébreux en Egypte, et des Saints Innocents, qu'une légende attribue au cruel Hérode le Grand.
- Krishna fut donc élevé parmi les bouviers, il jouait de la flûte et son charme séduisit toutes les filles du village.
- Siegfried est le seul héros mythique, à ma connaissance, à avoir été abandonné par suite de la mort accidentelle de ses deux parents. Son père, Siegmund, erre par monts et par vaux, et finit par rencontrer sa sur, Sieglinde, mariée, qu'il ne reconnaît pas. Une folle passion les unit, d'où naîtra Siegfried. Sa mère meurt en couches (le jour de sa naissance), après que son père ait succombé aux coups du mari, Hunding, qui le provoque en duel, et ce malgré une épée magique, Nothung, que le dieu des dieux, Wotan, a fiché dans un arbre au mariage de Sieglinde, et que Siegmund seul, avait réussi à arracher. Fier de ce héros, Wotan demande à Brünnhilde de donner la victoire à Siegmund, mais finit par contredire cet ordre à la demande de Fricka, gardienne des mariages (je me demande si Jean-Paul II l'a canonisée, cette bougresse!). Brünnhilde, romantique à souhait, (les deux amants sont en fuite) n'obtempère pas, ce qui oblige Wotan à briser lui-même l'épée magique. Siegfried est abandonné de fait dans la forêt où meurt sa mère et recueilli par mime, un nain qui vient des profondeurs, et dont je ne vais pas vous brosser le portrait ici. A la lettre N, sans doute. Comme Nain.
Voir le tableau récapitulatif de ces abandons
