ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

 

---ABACA--

-3e partie-

 


 

La défibration (en anglais, tuxying, en espagnol tuxeado, d'un mot vernaculaire, tuxe, bande qu'on obtient par cette opération).


C'est la méthode d'extraction des couches de fibres qui enveloppent la tige. Avec l'aide d'un couteau spécial, le récoltant détache ces différentes couches. Pour faciliter cette opération, il pratique des incisions aux extrémités de celles-ci, généralement à la base, pour faciliter la séparation des couches. Ces dernières se détachent en bandes (tuxes, tuxies) de 5 à 8 cm de large, d'une épaisseur de 2 à 4 cm et d'une longueur proportionnelle à celle de la tige, ces bandes produisant des fibres élémentaires de 1 à 2 mètres de long, de 3 à 12 mm d'épaisseur. Les couches extérieures produisent une fibre de qualité inférieure, couleur café, celles intérieures étant de meilleure qualité, reconnaissables à leur couleur blanchâtre, , luisante, de couleur blanche ou brun jaunâtre et d'aspect soyeux. :.

Les bandes fibreuses sont regroupées et attachées, formant des ballots (ou tongos) et sont transportés en général à dos de mulet jusqu'au lieu où se pratique la défibration

Le déshabillage (en anglais, stripping, en espagnol, desfibrado).

C'est une opération qui consiste à débarrasser les fibres de leurs impuretés, et qui doit impérativement s'effectuer dans les 8 à 12 heures qui suivent la coupe des tiges. En effet, passé ce délai, les fibres se décolorent et perdent de leurs qualités. La défibration se réalise à la main ou à la machine, la défibreuse, qui comporte deux parties. Le moteur diesel, qui permet le mouvement d'un rouleau destiné à enrouler la matière, et la défibreuse elle-même, qui se compose du rouleau précité, d'une couperie (dispositif à couteaux rotatifs qui découpe en longueur et possiblement sans fin). Aux Philippines, la défibration est manuelle à 80 % (illustrée par la photo ci-dessus) et exige continuellement de la force de la part de l'ouvrier. Ce type de défibration est pratiquée essentiellement dans les régions de Bicol et des îles Visayas (provinces de Leyte et Samar). Les 20% restants (défibration mécanique, donc) concernent principalement Mindanao et Leyte. Les défibreurs sont payés en liquide ou en partageant le produit de la récolte (50 à 70 % selon les cas, dit-on).

 


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