ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE ABBAYE THEODULFE
Né vers 750, très probablement d'une noble famille wisigothe très cultivée d'Espagne, peut-être de Saragosse, Théodulf (ou Théodulfe) est mort soit à Orléans, soit plutôt à Angers, en 821. On a supposé aussi qu'il était originaire de l'Italie ou du midi de la Gaule, de Narbonne. En 780, il entre à la cour de Charlemagne, comme conseiller de haut rang, en compagnie des plus grands lettrés occidentaux de l'époque : l'Anglais Alcuin, les Lombards Paul Diacre, historien de Frioul ( mais son vrai nom était Paul Warnefrid), et Pierre de Pise, l'Italien Paulin, Agilbert, le gendre de Charlemagne, le célèbre Eginhard, Franc de Germanie, grand biographe de l'empereur, et Benoît dAniane, le grand réformateur monastique. Il a d'ailleurs décrit cette cour qu'il connaisait bien dans son poème : "Ad Carolum regem" où il révèle ses talents décrivain et de grand lettré. Dans l'Ecole du Palais, il avait pour surnom Pindare.
- Ce fut vraisemblablement en 781 qu'il devint abbé de Fleury ( Saint-Benoît-sur-Loire). En 790/793 il rédige pour Charlemagne son "Opus Caroli regis contra synodum" contre le concile de Nicée II de 787, aidé en cela de ses collègues à la Cour, dont Alcuin, très probablement. Longtemps appelé "Libri Carolini" (Livres Carolins), l'ouvrage est paru en 1998 dans une édition des Américains Ann Freeman et Paul Meyvaert, de Cambridge, Massachusetts.
- 798 est une année faste pour "Pindare" : Il devient évêque d'Orléans (alors qu'il était abbé de Micy), est nommé dans le même temps par Charlemagne, et ce jusqu'en 809, Missus Dominicus (Missi Dominici). Par ailleurs, lors d'un pèlerinage qu'il fit au Puy, cette même année, croit-on, il aurait offert une de ses Bibles à la Cathédrale, véritables monuments de calligraphie exécutés par ses soins dans un atelier qu'il avait établi à Orléans ou à Saint-Benoît. C'est une des pièces les plus inestimables du Trésor de la Cathédrale du Puy, un des très rares manuscrits de l'époque carolingienne :
Quand il révise la Bible (en collaboration avec Alcuin), il y applique les principes émis dans l'Opus Caroli", aucune image du Christ ni des évangélistes, mais une décoration faite d'arcatures, de tresses, de rinceaux, de spirales de style oriental (cf. décoration de la Chapelle de Germiny). Six bibles sont encore conservées, une à Stuggart, une à Londres, deux à Paris (l'une venant de la Cathédrale d'Orléans), une au Puy et la dernière à Copenhague.
- Théodulfe fut abbé commendataire de Saint-Aignan, de Saint-Benoit, de Micy (Saint-Mesmin), qu'il réforma, et de Saint-Lifard (ou Liphard). Il assista au couronnement de Charlemagne à Rome le 25 Décembre 800 par le Pape Léon III. Théodulfe profite de ce voyage à Rome, accompagné d'un disciple d'Alcuin, Candidus, vraisemblablement entre novembre 800 et février 801 pour voir de nombreuses églises. A son retour, Candidus dut faire à son maître un rapport bien détaillé du voyage, ce qui fait dire à Alcuin, dans une lettre adressée à Théodulfe :
- " Notre fils Candidus, votre loyal compagnon, nous parle souvent de vos bonnes actions ; comment, dune voix forte, vous apportâtes un témoignage vrai lors des délibérations publiques, comment votre conduite, avec les personnages haut placés aussi bien quavec la plèbe, fut au-dessus de tout reproche et avec quelle assiduité religieuse vous assistâtes aux célébrations liturgiques. "(Lettre 225, MGH Epistolae, IV, 368).
- Alcuin, justement, à la mort de qui Théodulfe succéda en 804 comme conseiller théologique de l'Empereur, qui le chargea détudier la question du Filioque face aux objections des Orientaux. Ainsi composa-t-il son traité de théologie "De Spiritu sancto" (sur le Saint-Esprit) , quil fit suivre, sur la demande de Charlemagne, dun "De ordine baptismi". En 806 il bâtit l'oratoire de Germigny-des-Prés, église qui a été reconstruite en 1869, d'après le modèle de celle qu'il avait fait bâtir. En 814 il signe le testament de Charlemagne.
- Le pape qu'il reconduisit de Reims à Rome, en 816, lui conféra le pallium ( Manteau romain dorigine grecque) avec le titre d'archevêque. Compromis dans la révolte de Bernard en Italie, il fut dépossédé de son siège épiscopal et relégué dans un monastère d'Angers (818). Il en appela au pape, mais ne voulut pas demander son pardon. Lorsqu' il mourut, peut-être empoisonné, il venait d'être compris dans l'amnistie de 821.
Particulièrement nourri de la lecture des auteurs latins, païens ou chrétiens, très savant, ami des arts, Théodulfe a été célèbre au commencement du IXe siècle. Il était, non seulement le meilleur versificateur de son temps, mais encore le poète le plus original. et l'on possède de lui deux bibles magnifiques, véritables monuments de calligraphie exécutés par ses soins dans un scriptorium qu'il avait établi à Orléans ou à Saint-Benoît. Il a eu le mérite aussi de se préoccuper beaucoup du clergé des campagnes. Ses oeuvres en prose comprennent : des capitulaires, un pénitentiel, des sermons, un traité du baptême, et ses poésies, qui donnent une idée de la société du VIIIe siècle, un traité des vices, des vers, adressés à Charlemagne, une exhortation (paraenensis) aux évêques, une autre aux prêtres, une autre aux juges, où il raconte le voyage qu'il fit en 798 comme Missus dominicus dans les deux Narbonnaises. II est enfin l'auteur d'une partie au moins du cantique pour le dimanche des rameaux (ou hymne Gloria, laus) qui, suivant une tradition, lui aurait valu sa délivrance :Une édition complèle de ses oeuvres a été donnée par Sirmond (1646), et reproduite par Migne (1854, t. CV de la Patrologie latine). Mais pour ce qui est spécialement des poésies, voir l'édition de Dümmler, dans les Poetae latini aevi carolini, t. 1 (1881), pp. 437-584 et 629-630. On peut consulter certaines de ses oeuvres à la Médiathèque d'Orléans, en particulier des poèmes non traduits à ce jour.
- Théodulfe organisa l'enseignement essentiellement dans l'Orléannais, créant des écoles paroissiales gratuites, des écoles épiscopales pour le niveau secondaire et des écoles monastiques, destinées à former les cadres de l'Empire. Il réforme le système d'hospitalisation et établit dans les couvents, où la discipline avait trop souvent fléchi, la règle bénédictine qui astreint les moines à la prière et au travail. Soucieux de la réforme du clergé et de l'instruction du peuple, il veut que les églises soient propres, que les prêtres s'adonnent à la lecture et à la prière et qu'ils respectent le célibat et la sobriété, qu'ils célèbrent quotidiennement la communion. Il attache en effet, beaucoup d'importance à la pratique des sacrements. Lévêque interdit aux femmes dentrer dans le chur. Il déclara également que : "Les femmes doivent se rappeler leur infirmité et linfériorité de leur sexe : par conséquent, elles doivent prendre garde de ne toucher aucune des choses sacrées qui sont liées au ministère de lÉglise."
- Sources :
- - http://perso.3dnet.fr/moussier/Caroling.html
- - http://www.ac-creteil.fr/Louise/afl99/germiny/eglise.htm (théodulfe- germigny)
- - http://www.womenpriests.org/fr/traditio/unclean.htm ( impureté femmes dans l'histoire)
- - http://www.ot-lepuyenvelay.fr/fr/b1c.htm (bible de Théodulfe - le Puy)
- - http://www-droit.u-clermont1.fr/Recherche/CentresRecherche/Histoire/gerhma/BQR.htm (bible de Théodulfe)
- - http://www.studio-internet.com/theo_prevert/11biographie/ (biographie)
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