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  « Les équations algébriques



Si à 16 ans, il pense avoir prouvé la possibilité de résoudre par radicaux l'équation du 5ème degré, c'est à 19 ans qu'il reviendra sur son résultat en prouvant le contraire !  Abel démontre l'impossibilité, dans le cas général, de résoudre par radicaux une équation algébrique, équation polynomiale de la forme P(x) = 0, de degré 5.



Ce résultat, que Gauss, incrédule, refusa de lire, ne fut publié qu'en 1826 dans le journal de Crelle. On cherchait à l'établir depuis Bombelli avec les travaux de Lagrange, Gauss, Cauchy et Ruffini, utilisant certaines propriétés invariantes des fonctions symétriques des racines. Son contemporain Galois, développant la théorie des groupes de substitution, généralisera ces travaux à tout entier premier n > 4.



Les nombres algébriques :



 On doit à Abel (1825) la notion de nombre algébrique : solution (réelle ou complexe) d'une équation polynomiale à coefficients rationnels (ou entiers, cela revient au même).

Par exemple, le nombre 2 est algébrique car solution de l'équation polynomiale x2 - 2 = 0.

En tant que nombre algébrique, on dira que le degré de √2 est 2 : c'est le degré du polynôme minimal (de plus bas degré) dont il est solution. Il en est de même du célèbre nombre complexe i puisqu'il est une solution de l'équation polynomiale x2 + 1 = 0 ou encore de cos(p/7) puisque :

cos 7x = 64cos7x - 112cos5x + 56cos3x - 7cosx

et il suffit de remplacer x par p/7 pour constater que cos(p/7) est solution de l'équation :

64X7- 112X5 + 56X3 - 7X + 1 = 0

Plus généralement, en vertu de la formule de De Moivre (cos x + i.sin x)n , il en est de même de cos(p/n) et de sin(p/n) où n désigne un entier naturel.



Il fut prouvé respectivement en 1873 par Hermite et en 1882 par Lindemann que les nombres e (base des logarithmes népériens) et p ne sont pas algébriques. De tels nombres sont dits transcendants. Cette appellation est due à Liouville (1844), lequel mit "à jour" une première catégorie de tels nombres. On sait depuis Cantor qu'il en existe une infinité non dénombrable :





Notion de groupe, groupe abélien :



Un groupe G est un ensemble muni d'une loi de composition interne associative admettant un élément neutre et dans lequel tout élément possède un symétrique. Un groupe est dit abélien ou commutatif si sa loi de composition est commutative.



Travaux sur les séries :



Abel étudia les problèmes de convergence des séries entières et des séries de fonctions.

Abel mit en défaut (1826) le théorème de Cauchy, énoncé en 1821 dans son Cours d'analyse, selon lequel si les fn sont continues au point xo et si la série Sfn(x) est convergente dans un voisinage V de xo, alors la fonction limite f ainsi définie dans V est continue en xo :


Transformation d'Abel pour les séries numériques :



Soit San une série réelle ou complexe. On note Rn(m) la somme des termes des rangs n à m, m > n :

Rn(m) = an + an+1 + an+2 + ... am

On a :

Si une série s'écrit Sanbn, Rn(m) peut alors s'écrire sous la forme :

bnRn(n) + bn+1[Rn(n+1) - Rn(n)] + bn+2[Rn(n+2) - Rn(n+1)] + ... + bm[Rn(m) -Rn(m-1)]

On voit que Rn(m) peut être réécrit sous la forme, transformation d'Abel :

Rn(n) (bn - bn+1) + Rn(n+1)(bn+1 - bn+2) + ... Rn(m-1)(bm-1 - bm) + bmRn(m)

Supposons alors que :

La série Sanbn est alors convergente (puisque son reste tend vers 0). Un cas particulier très pratique est le suivant :





Lemme d'Abel pour les séries numériques :



soit Sanbn une série numérique où (an) désigne une suite numérique positive décroissante et Sbn une série (réelle ou complexe) dont les sommes partielles sont bornées : il existe k > 0, | b0 + b1 + ... . bn | < k pour tout n. Alors les sommes partielles de Sanbn sont aussi bornées et on a :

| aobo + a1b1 + ... . anbn | < kao

On a en conséquence :



Règle (critère ou test) d'Abel pour les séries :



Si les sommes partielles de la série de terme général an (réel ou complexe) sont bornées et si (bn) est une suite réelle positive décroissant vers 0, alors la série Sanbn est convergente.



Règle d'Abel pour la convergence d'une intégrale généralisée :



On suppose que f est une fonction positive, continue et décroissante vers 0 sur [a, + ∞[ et que l'intégrale de g sur tout intervalle [a,l], l > a , existe et est bornée. Dans ces conditions, l'intégrale :








est convergente (i.e. la limite, lorsque l tend vers + ∞, de l'intégrale sur [a,l] du produit fg existe et est finie).



Les intégrales et fonctions elliptiques :



Considérées comme l'œuvre maîtresse d'Abel (Recherches sur les fonctions elliptiques, 1826-27), l'étude de ces fonctions provient des premières tentatives de rectification de l'ellipse conduisant aux intégrales elliptiques, déjà étudiées par Lagrange et Legendre, et dont le calcul par quadrature, donc la recherche d'une primitive de l'intégrande (fonction à intégrer), est impossible exception faite des fonctions "usuelles" et des cas simples ramenant l'intégrande à une fonction dérivée.

Ces intégrales sont des fonctions de leur borne supérieure. Par analogie avec le cercle (fonctions circulaires), l'idée générale (et géniale) d'Abel, et de Jacobi la même année, fut de renverser le problème en étudiant leurs réciproques : les fonctions elliptiques. En se plaçant dans le plan complexe, il découvre une propriété étonnante de ces fonctions : leur double périodicité. Les travaux d'Abel, mort de la tuberculose à 27 ans, furent poursuivis par Jacobi et par tous les grands mathématiciens du 19è siècle comme Gudermann, Weierstrass, Gauss, Liouville, sans oublier Bouquet et Briot.



Fonctions et intégrales abéliennes :



Abel généralisa l'étude des intégrales et des fonctions elliptiques à une classe d'intégrales dites abéliennes dont la forme générale peut s'écrire :


où F est une fonction rationnelle de x et y (polynôme ou quotient de deux polynômes en x et y), y étant lié à x par une équation algébrique j(x,y) = 0. Lorsque y est un radical de la forme √P(x) où P est un polynôme du 3ème ou 4ème degré, on retrouve les intégrales elliptiques.  »

extraits de :

http://serge.mehl.free.fr/



«  Sommabilité au sens d'Abel


Définition : Une série est sommable au sens d'Abel si, lorsqu'on définit la série entière

alors cette série converge pour x dans [0,1[, et si f(x) admet une limite finie L quand x tend vers 1.


  Prenons par exemple an=(-1)n. La série n'est pas convergente. En revanche, pour x dans [0,1[, on a

et ceci tend vers 1/2 si x tend vers 1. Ainsi, nous obtenons une série divergente, mais sommable au sens d'Abel.

  En revanche, toute série convergente est aussi sommable au sens d'Abel, et les limites sont identiques : c'est le théorème d'Abel pour les séries entières.




Théorème d'Abel

Présentation


  Soit une série entière de rayon de convergence R. Son comportement à l'intérieur du disque de convergence est très bon : on a convergence uniforme sur tous les compacts, la fonction est de classe Cinfini. En revanche, sur le bord de ce disque, le cercle de centre O et de rayon R, des choses très différentes peuvent se produire, comme par exemple :


  • la série peut converger partout, comme
  • la série peut converger partout sauf en un point, comme

  • la série peut diverger partout, comme

Plus étonnant, même si la série converge en un point z0 du bord, la fonction S n'est pas forcément continue en z0...sauf si on limite l'angle d'approche!

Cas réel


Soit une série entière de rayon de convergence R, on suppose que converge. Alors S est continue sur [0,R].

On peut même démontrer que la série converge uniformément sur [0,R].

Cas complexe


Soit une série entière de rayon de convergence R, z0 un point de C telle que |z0|=R et la série converge en z0, et Soit A l'ensemble

Alors S est continue sur la réunion de A et de {z0}.

  Ce théorème a la signification suivante : si zn converge vers z0 en restant dans un cône (non-tangentiellement), alors S(zn) converge vers S(z0). En revanche, il est tout à fait possible que si z tend vers z0 sans rester dans un de ces cônes (on parle de convergence tangentielle), alors S(z) ne converge pas vers S(z0).








Extrait de :

http://www.bibmath.net/dico/index.php3?action=liste&prem=a&fin=b

http://www.bibmath.net/dico/index.php3?action=affiche&quoi=./a/abelsom.html