ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE -ABBAYE -LE CLOÎTRE
1e partie, Les lointaines parentés
Introduction : les lointaines parentés La filiation
INTRODUCTION- Le principe même du cloître, qui crée un espace clos, ambulatoire, coupé du monde mais ouvert sur lui-même et sur le ciel, existe depuis fort longtemps. Quelle que soit la culture, sa présence répond toujours à une volonté commune aux sociétés humaines qui l'ont utilisé : celle de créer, de manière temporaire ou définitive, une rupture avec le monde extérieur, de nature très différente selon les cas, comme nous allons le voir.
Ces espaces clos ne sont peut-être pas directement les ancêtres des cloîtres chrétiens mais ils possèdent une architecture bien similaire: ils sont tous carrés ou rectangulaires, ceints pour tout ou partie d'un d'un portique à péristyle avec, au centre, un espace non couvert et relativement vide.
- L'application de ce principe s'est manifestée tout autant dans l'espace civil que religieux, même si ce dernier est bien plus représentatif que le premier, surtout dans le domaine occidental, où le cloître est au coeur même du monastère chrétien, un carrefour principal entre les hommes et le divin. Ce n'est pas un hasard, car, dans quel autre espace que le religieux aurait-on pu mieux profiter de cet instrument, que l'on a dit de rupture ? C'est dans les temples, c'est dans les monastères que se traduit le mieux, la volonté plus que millénaire des hommes de rencontrer le divin, dans un espace sacré, débarrassé des contingences humaines, l'espace claustral étant un élément essentiel des dispositifs religieux
- Illustrons ce préambule par des exemples, que nous vous prions d'observer avant de vous les commenter :
- Ces exemples, pris parmi les principales cultures qui ont expérimenté le principe du cloître, amènent différentes remarques. La première est que, si les structures en question s'apparentent au cloître chrétien, car liées comme lui à un dispositif religieux, elles ne sont aucunement d'ordre monastique. L'Egypte des pharaons ne possède pas de monastères proprement dits, mais d'immenses espaces cultuels, dynamisés par un clergé où domine la caste des prêtres. En Inde, la grande aire cultuelle d'un temple ne correspond pas à un lieu monastique, que l'on nomme "ashram" (terme sanskrit), et qui est un lieu très dépouillé, un espace de méditation où la liturgie n'est pas prédominante. Nous pouvons d'ailleurs voir, sur les plans présentés ici, que les péristyles qui rappellent nos cloîtres ne sont en rien les centres nerveux que représentent ces cloîtres pour le corps des monastères chrétiens. Ils sont plutôt périphériques à l'ensemble duquel ils font partie et, dans tous les cas, ils ne distribuent aucunement les parties névralgiques de l'aire sacrée qu'ils occupent.
- Sources :
- http://c.yorkmiller.users.btopenworld.com/images/templans/edfupln.jpg (plan)
- http://c.yorkmiller.users.btopenworld.com/images/templans/debpln.jpg (deir le bahari)
- http://c.yorkmiller.users.btopenworld.com/images/edfu/edf004.jpg
- http://c.yorkmiller.users.btopenworld.com/images/luxor/lux020.jpg
- http://c.yorkmiller.users.btopenworld.com/images/templans/luxorpln.jpg
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