ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

ABBAYE
        - Iles de Lérins-


 

 
Iles de Lérins
(Alpes-Maritimes, 06)
   Longitude : 43, 31 N --- Latitude : 7.03 E
 Ile Sainte Marguerite :
Longueur : 3,5 km --Largeur 100 à 500 m
Tour : 7 km
 Ile Saint Honorat :
Longueur : 1,5 km
Tour : 3 km

 

Les îles de Lérins sur la carte :St Honorat

 


Petit archipel du littoral français de la Méditerranée, administrativement rattaché à la commune de Cannes (Alpes-Maritimes). Situé à 4 km de Cannes et à 1,4 km. seulement du cap Croisette, cet archipel sépare le golfe de Napoule à l'ouest du golfe de Jouan à l'est. Il comprend, avec quelques îlots crayeux et stériles, deux îles importantes, Sainte-Marguerite et Saint-Honorat, distantes 1'une de 1'autre d'environ 1 km et entre lesquelles se trouvent le mouillage du Frioul, où peuvent pénétrer les navires qui calent 5 m. L'île Sainte-Marguerite, la plus rapprochée du continent, est aussi la plus grande. Orientée de l'E. à l'0., elle mesure 3 km de long sur une largeur qui varie de 100 à 500 m. ; elle a 7 km de circuit. Elle renferme un étang, des pâturages, des coteaux couverts d'admirables bois de pins et une colline rocheuse sur laquelle a été construit, à 26 m d'altitude, un fort assez important. Elle possède aussi un petit port. Saint-Honorat, dont la direction est parallèle à Sainte-Marguerite, a environ 1,5 km de longueur et 3 km de tour. Elle est assez bien cultivée.


Les îles Lérins étaient célèbres dès l'antiquité, et c'est en partie grâce à saint Jérôme que nous savons un peu comment s'est effectué leur peuplement. Lerona, appelée plus tard Sainte-Marguerite, possédait également quelques colons et un fort avec un temple dédié au dieu Lero.

"Ainsi, Pline l'Ancien, amiral de la flotte de Misène, évoqua vers les années 60, il est vrai, l'existence d'une cité qu'il nomme « Vergoanum », dans son « Histoire Naturelle » (Livre III, Ch.2) «... en face d'Antipolis (Antibes) Lero et Lerina où se trouvait l'oppidum de Vergoanum. ». Notons au passage que Sainte-Marguerite était alors connue sous la dénomination de « Lero » et Saint-Honorat sous celle de « Lerina ». Pline semble donc situer les vestiges de Vergoanum à Saint-Honorat, alors que les auteurs modernes les voient à Sainte-Marguerite.
Quelques décennies plus tôt, le géographe grec Strabon, grand voyageur qui se fixa finalement à Rome pour rédiger sa « Géographie », parle lui aussi d'un important sanctuaire à Lerina.
Récemment, des poteries et autres fragments d'objets divers remontant au VIème siècle av. J.-C, découverts sur la côte au nord de Sainte-Marguerite, en son point culminant dominant des falaises à pic, paraissent confirmer l'occupation ancienne de cette île. Sans doute, est-ce à cet emplacement, que se trouvait la mystérieuse Vergoanum.
On peut dater avec une quasi certitude, en revanche, l'occupation des îles par les Romains qui les baptisèrent « îles lériniennes ». Celle-ci eut lieu au cours de la seconde moitié du dernier siècle avant notre ère. Lero devint alors une étape pour les navires cabotant entre Antibes et Fréjus.
Des découvertes archéologiques permettent de déterminer l'importance des installations réalisées au début du premier siècle après J-C. A l'emplacement présumé de Vergoanum, une acropole, avec ses sanctuaires, ses édifices et une citadelle importante, le tout ceint de puissants remparts. Un peu partout, sur la côte septentrionale de Saint-Honorat, on retrouve des vestiges importants d’entrepôts, magasins, citernes, thermes, arsenal, établissements de pêcheries, ainsi que de luxueuses villas décorées de mosaïques et de peintures murales... Le port se trouvait vraisemblablement à l'extrémité nord-ouest de l’île, à la pointe du Bateguier où un môle de 170 mètres de long a pu être localisé, entre l'étang du même nom et la mer...
A Sainte-Marguerite, on a retrouvé une inscription en l'honneur du Dieu Pan, et à Saint-Honorat, un cippe placé sous protection de Neptune...
Au tout début de notre ère, Léi constituait donc une colonie active et florissante où commerce, religion et vie publique se côtoyaient harmonieusement."

extrait de : http://www.france-secret.com/ileslerins_art1.htm


Dès les premiers siècles du christianisme les deux îles devinrent des centres importants de vie monastique. Dans l'une fut fondée l'abbaye Sainte-Marguerite, d'où elle a tiré son nom moderne. Dans l'autre, saint Honorat établit un monastère, vers 400. Ce sera
l'abbaye de Lérins.

Dès 715, les îles ne cessèrent d'être la proie des pirates sarrasins, des Normands, des Génois et plus tard des Barbaresques. André Doria les prit en 1536 ; les Espagnols s'en emparèrent à leur tour en 1635 et en furent chassés par le comte d'Elbeuf et le cardinal de Sourdis en mai 1637. Elles tombèrent, le 31 décembre 1746, entre les mains des Anglo-Autrichiens qui en furent expulsés en juin 1747 par le chevalier de Belle-Isle. Dans le fort actuel de Sainte-Marguerite, qui date de Richelieu, ont été enfermés le Masque de Fer, qui y resta vingt-sept ans et, en 1873, le maréchal Bazaine, qui parvint bientôt à s'en échapper.

Sources :

http://www.abbayedelerins.com/start.htm
http://www.lodace.com/histoire/objet/lerins.htm